Rechercher
Rechercher

France

Macron confronté au « casse-tête » du rassemblement

« Le Parti socialiste est mort », assène Valls qui rallie la majorité présidentielle ; « Je ne suis pas dans l'état d'esprit d'une obstruction systématique et d'une opposition frontale », souligne Juppé.

Le président élu Emmanuel Macron sacrifiant au rituel du selfie avec une admiratrice, hier, à Paris, en sortant de chez son coiffeur. Patrick Kovarik/AFP

Le président français élu Emmanuel Macron, en pleines tractations pour constituer son gouvernement, a engrangé hier le ralliement de l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls, signe de l'éclatement du paysage politique à un mois des législatives.
Le jeune président centriste et proeuropéen sait qu'il doit rassembler des personnalités issues de la droite et de la gauche modérées s'il veut parvenir à constituer une majorité parlementaire, et appliquer sans frein ses réformes. « Un casse-tête », résumait hier le quotidien Le Parisien. Car malgré sa nette victoire face à l'extrême droite dimanche, avec 66 % des suffrages, M. Macron (39 ans) se retrouve à la tête d'un pays en proie à de profondes fractures.
Sèchement éliminés au premier tour de la présidentielle, du jamais-vu en France en soixante ans, la droite (parti Les Républicains, LR) et le Parti socialiste (PS) attendent de pied ferme leur revanche aux élections législatives des 11 et 18 juin. Les deux formations tenaient chacune conclave hier pour définir leur stratégie face au nouveau chef de l'État : ralliement sous condition, collaboration ponctuelle, opposition frontale ? « Pour ma part, je ne suis pas dans l'état d'esprit d'une obstruction systématique et d'une opposition frontale », a souligné Alain Juppé, maire de Bordeaux et personnalité influente de la droite. L'un de ses proches, le maire du Havre, Édouard Philippe, fait partie des personnalités citées comme possible Premier ministre de « rassemblement » de M. Macron.
À gauche, le Parti socialiste a rappelé à l'ordre ceux de ses membres tentés de rejoindre le camp présidentiel, au premier rang desquels M. Valls. « Ce Parti socialiste est mort », a asséné hier ce dernier, semant le trouble en annonçant son intention de se présenter aux législatives sous l'étiquette « majorité présidentielle ». « Impossible » dans ce cas de rester au PS, a rétorqué le patron du parti Jean-Christophe Cambadélis. Aux extrêmes, le Front national (FN) de Marine Le Pen et la France insoumise du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon espèrent eux aussi concrétiser leur poussée dans les urnes. Déçu par l'échec de sa candidate, le FN devait se réunir hier pour en analyser les causes et définir sa ligne en vue des législatives. Un FN qui devra, en outre, gérer l'annonce, aujourd'hui, du retrait de Marion Maréchal-Le Pen de la vie politique (voir par ailleurs).

Embarras
Face à ces multiples adversaires, le mouvement centriste qui a porté M. Macron à l'Élysée s'est mis en ordre de bataille. Rebaptisé « La République en marche », ce mouvement créé en 2016 et sans ancrage local annoncera demain les noms de ses 577 candidats aux législatives. Les derniers arbitrages s'annoncent délicats entre promesse de renouvellement – 50 % des candidats doivent venir de la société civile – et souci d'efficacité. Signe de cette difficulté, le ralliement de M. Valls, personnalité clivante de la politique française, a été accueilli avec un certain embarras. « D'abord, il faut qu'il fasse acte de candidature », a répondu Christophe Castaner, un porte-parole de M. Macron, soulignant qu'il revenait aux instances du mouvement de choisir les candidats.
Autre priorité du nouveau président : le choix d'un Premier ministre capable d'incarner le rassemblement des Français. Emmanuel Macron annoncera sa décision après la passation des pouvoirs avec son prédécesseur François Hollande, qui se déroulera dimanche matin au palais de l'Élysée.
Félicité par de très nombreux dirigeants européens et dans le monde depuis dimanche, le nouveau chef de l'État français a néanmoins déjà reçu un avertissement de la Commission européenne. Celle-ci réclame le respect des engagements de la France en matière de réduction du déficit budgétaire. « La France a un effort très minime à faire » pour maintenir son déficit – espéré à 2,8 % du produit intérieur brut en fin d'année – sous la barre de 3 % en 2018, a estimé le commissaire européen Pierre Moscovici, de passage à Paris. Plus direct, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait appelé dès lundi M. Macron à réduire la dépense publique. « Les Français dépensent trop d'argent et ils dépensent au mauvais endroit », avait déploré M. Juncker à Berlin.

Source : AFP


Le président français élu Emmanuel Macron, en pleines tractations pour constituer son gouvernement, a engrangé hier le ralliement de l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls, signe de l'éclatement du paysage politique à un mois des législatives.
Le jeune président centriste et proeuropéen sait qu'il doit rassembler des personnalités issues de la droite et de la gauche...

commentaires (1)

Pourquoi toujours parler de Macron comme "Centriste"? Lors de cette élection présidentielle, le seul candidat de "la droite et du centre", était Fillon. Macron a renié le PS parce qu’il était en pleine décrépitude, mais il n'en reste pas moins de gauche. Gauche-caviar, certes, mais gauche tout de même. Le renard change de peau, mais non de caractère.

Yves Prevost

05 h 06, le 10 mai 2017

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Pourquoi toujours parler de Macron comme "Centriste"? Lors de cette élection présidentielle, le seul candidat de "la droite et du centre", était Fillon. Macron a renié le PS parce qu’il était en pleine décrépitude, mais il n'en reste pas moins de gauche. Gauche-caviar, certes, mais gauche tout de même. Le renard change de peau, mais non de caractère.

    Yves Prevost

    05 h 06, le 10 mai 2017