Le gouvernement et les rebelles syriens ont commencé à discuter mercredi au Kazakhstan d'un projet proposé par Moscou de zones de "désescalade" à travers le pays, ont affirmé à l'AFP des sources proches de l'opposition.
Les protagonistes sont réunis à Astana pour une nouvelle session de négociations initiées par la Russie et l'Iran, alliés du régime, et la Turquie qui soutient l'opposition.
Une source proche de l'opposition a fourni à l'AFP une version en arabe du projet présenté par la Russie.
Il appelle à la création de "zones de désescalade" dans les territoires rebelles d'Idleb (nord-ouest), de la province centrale de Homs, dans l'enclave rebelle de la Ghouta (banlieue est de Damas) et dans la partie méridionale du pays.
Ces zones ont pour objectif "de mettre immédiatement fin à la violence" et de "fournir les conditions pour un retour sécurisé et volontaire des réfugiés". Elles devraient aussi recevoir une aide humanitaire et une assistance médicale immédiate.
Selon le projet, "des zones de sécurité" seraient mises en place autour des "zones de désescalade" et constituées de points de contrôle et de centres de surveillance tenus conjointement par l'armée syrienne et les rebelles.
Des unités militaires d'"observateurs" de pays non précisés devraient aussi être déployées.
Le document stipule que la Turquie, l'Iran et la Russie seront les garants de l'accord et qu'ils s'engagent à créer "un groupe de travail commun" dans les cinq jours suivant la signature du document par les protagonistes. Ce "groupe de travail commun" devra tracer les différentes zones d'ici au 22 mai et surveiller le processus de "désarmement".
Les garants devront assurer que les parties belligérantes respectent leurs engagements vis-à-vis de l'accord et "aident le gouvernement et les forces de l'opposition armées à poursuivre la lutte" contre les fractions extrémistes dont le groupe État islamique (EI).
Le ministère kazakh des Affaires Étrangères a confirmé mercredi que les deux parties discutaient d'une proposition de zones sécurisées.
"Le document sur la question des zones est en train d'être discuté", a affirmé Aidarbek Tumatov, un responsable du ministère à l'agence Interfax. "Si les pays garants sont d'accord et signent le document, alors Damas et l'opposition seront obligés de l'appliquer", a-t-il dit.
Les agences locales et russes ont indiqué pour leur part que la délégation russe avait des consultations avec les délégations iranienne et américaine.
Six années de guerre en Syrie ont fait plus de 320.000 morts et plus de la moitié de la population est réfugiée ou déplacée.
Les négociation d'Astana sont présentées comme le pendant sécuritaire des pourparlers plus politiques sur l'avenir du pays qui se tiennent à Genève et qui n'ont pas progressé jusqu'à présent.
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Syrie: la Russie propose des "zones de désescalade"
AFP / le 03 mai 2017 à 12h53

