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Liban - Polémique

Un élu de Aïn Dara sauvagement tabassé à Dahr el-Baïdar

Steven Haddad gisant sur son lit d’hôpital, avec diverses blessures à la tête et au visage. Photo tirée de la page Facebook Aïn Dara Green

Mardi vers 22h, Steven Haddad, un élu du conseil municipal de Aïn Dara (caza de Aley), ce village qui connaît depuis des mois une polémique autour d'un projet de mégacimenterie, est rentré chez lui après avoir quitté son travail à Zahlé. Au niveau de Dahr el-Baïdar, sa voiture est heurtée par une petite Kia dans laquelle il ne perçoit que la présence du conducteur. Steven descend alors de son véhicule pour inspecter les dégâts. Le chauffeur de l'autre voiture en fait de même en s'adressant à lui poliment. Alors que Steven regarde de plus près l'arrière de sa voiture et qu'il tourne le dos à l'autre véhicule, l'homme lui décoche un coup de poing, et trois hommes cagoulés font leur apparition, le rouant de coups, surtout à la tête. Ils le laissent pratiquement pour mort, baignant dans son sang, dans un caniveau. Mais Steven réussit, après leur départ, à se hisser dans sa voiture pour se rendre à la gendarmerie de Mdeirej, d'où il sera ensuite transporté à l'hôpital du Jabal.
Voilà le récit de l'agression tel qu'il a été relaté par Steven Haddad lui-même à L'OLJ, hier. Steven reste hospitalisé, le médecin légiste a écrit dans son rapport qu'il a été frappé à la tête avec des objets contondants. La victime précise avoir « dix-huit blessures à la tête, ses yeux restent tuméfiés et son nez est fracturé ».
Cette agression est-elle en rapport avec la polémique qui dure depuis des mois autour de la mégacimenterie que projette de construire Pierre Fattouche dans la région, comme certains se sont empressés de soupçonner dans les médias ? Le jeune homme refuse d'accuser directement qui que ce soit, mais note une coïncidence troublante. « Je suis membre du conseil municipal et responsable de la communication, dit-il. Généralement, le conseil municipal me demande de prendre des photos et de les publier sur les réseaux sociaux. Récemment, nous avons décidé de produire un film, un court-métrage, sur les dégâts causés sur l'environnement par les carrières et la future usine. Or j'ai distinctement entendu les agresseurs me dire, alors qu'ils me battaient : "Tu veux faire un film ? Prends ça !" Voilà ce que j'ai à dire. »
En réponse aux soupçons émis à son encontre, le bureau de communication de Pierre Fattouche a vite fait de publier hier un communiqué dénonçant l'agression et niant toute responsabilité dans cet incident. Qualifiant l'agression de « regrettable », le communiqué déplore que « certains aient commencé à lancer des accusations de manière anarchique, exploitant l'incident dans les médias et cherchant à porter atteinte à la famille Fattouche et à M. Pierre Fattouche ». Et d'ajouter : « Nous dénonçons dans les termes les plus durs l'agression criminelle et refusons le recours à la force sous quelque prétexte que ce soit. Nous confirmons notre respect continu des lois et de la justice. Nous demandons également aux responsables de protéger les citoyens victimes de l'anarchie qui règne à Dahr el-Baïdar. »
Pour leur part, plusieurs partis ont fortement réagi à l'agression. Le Parti socialiste progressiste (PSP) a dénoncé « cette agression flagrante » et a demandé « aux appareils sécuritaires et judiciaires de pénaliser rapidement les coupables "connus-inconnus" ». Le parti s'est demandé « jusqu'à quand se poursuivra ce relâchement dans l'exercice des responsabilités sécuritaires ». Le Courant patriotique libre (CPL) de Aley a dénoncé « le guet-apens qui a visé Steven Haddad » et a demandé aux forces de l'ordre d'arrêter les coupables au plus vite. De leur côté, les Forces libanaises (FL) à Aley ont qualifié l'agression de « lâche » et ont demandé au ministre de l'Intérieur et aux forces de l'ordre « de révéler au plus tôt l'identité des coupables, car ce n'est pas la première fois que Aïn Dara, en particulier, et les villages de Aley, en général, sont le théâtre de telles agressions ».

Mardi vers 22h, Steven Haddad, un élu du conseil municipal de Aïn Dara (caza de Aley), ce village qui connaît depuis des mois une polémique autour d'un projet de mégacimenterie, est rentré chez lui après avoir quitté son travail à Zahlé. Au niveau de Dahr el-Baïdar, sa voiture est heurtée par une petite Kia dans laquelle il ne perçoit que la présence du conducteur. Steven descend alors de son véhicule pour inspecter les dégâts. Le chauffeur de l'autre voiture en fait de même en s'adressant à lui poliment. Alors que Steven regarde de plus près l'arrière de sa voiture et qu'il tourne le dos à l'autre véhicule, l'homme lui décoche un coup de poing, et trois hommes cagoulés font leur apparition, le rouant de coups, surtout à la tête. Ils le laissent pratiquement pour mort, baignant dans son sang, dans un caniveau....
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