Les ministres des Affaires étrangères du G7 réunis, hier, à Lucques. Vincenzo Pinto/AFP
Le G7, États-Unis en tête, a jugé hier à Lucques (centre de l'Italie) que l'avenir de la Syrie devait s'écrire sans Bachar el-Assad, peu avant le départ du secrétaire d'État américain Rex Tillerson pour Moscou. Les Syriens doivent pouvoir déterminer leur avenir politique et « notre espoir est que Bachar el-Assad ne fasse pas partie de cet avenir », a déclaré M. Tillerson. La riposte américaine à l'attaque chimique en Syrie était une « réponse directe à la barbarie du régime Assad », a-t-il encore dit.
Un peu plus tard, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, estimait que le président syrien avait fait pire qu'Adolf Hitler en utilisant des armes chimiques. Appelé à préciser sa pensée par une journaliste, il a ajouté : « En ce qui concerne le gaz sarin, il n'a pas utilisé de gaz sur son propre peuple de la même façon qu'Assad (...) Je sais qu'il les a apportées dans les centres d'Holocauste. Mais je parle de la façon dont Assad les a utilisées, quand il est allé dans les villes et les a lâchées sur des innocents, au milieu des villes... ».
Le sénateur John McCain, partisan de longue date d'une intervention américaine musclée en Syrie, a en outre demandé que soit mis un terme au « déchaînement meurtrier » de M. Assad, appelant à adopter une nouvelle stratégie visant à mettre l'armée de l'air syrienne « complètement hors de combat ». Appelant aussi Moscou à se désolidariser de Damas. Lundi, le président américain Donald Trump et la Première ministre britannique Theresa May avaient déjà estimé, dans un entretien téléphonique, qu'il existe « une opportunité » de convaincre Moscou de mettre fin à son soutien au régime de M. Assad.
Hier, l'ensemble des participants à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, élargie à la Turquie et à plusieurs pays arabes (Qatar, Jordanie, Émirats arabes unis, Arabie saoudite), ont eux aussi insisté sur le fait qu'il n'y a « pas d'avenir possible pour la Syrie avec Bachar el-Assad », selon le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault. « Ce n'est pas une position d'agressivité à l'égard des Russes, plutôt une main tendue (...) », a-t-il insisté.
Après avoir menacé dimanche les États-Unis de représailles en cas de nouvelle attaque, au côté de l'Iran et des autres alliés de M. Assad, la Russie s'est montrée hier plus conciliante, appelant à une « coopération constructive » et non pas à la confrontation. Toutefois, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde contre des « provocations » à l'arme chimique qui seraient, selon lui, en préparation en Syrie afin de mettre en cause M. Assad.
Par ailleurs, une rencontre tripartite entre les chefs de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, syrien, Walid Moallem, et iranien, Mohammad Javad Zarif, « est prévue en fin de semaine à Moscou », a annoncé le Kremlin. De son côté, le ministre iranien de la Défense, Hossein Dehgan, a averti qu'une nouvelle action des États-Unis contre la Syrie ne restera pas « sans réponse ».
Le ministre britannique Boris Johnson, qui poussait pour de nouvelles sanctions contre la Syrie, voire contre des responsables militaires russes impliqués en Syrie, n'a, en revanche, pas trouvé d'appui. Selon M. Ayrault, cette question n'a même pas été discutée. « Les sanctions sont un instrument et non pas une fin en soi », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano, mettant en garde contre toute tentation d'isoler la Russie. En outre, le Royaume-Uni, la France et les États-Unis ont présenté, hier, au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution demandant une enquête sur l'attaque chimique en Syrie.
Sur le terrain, les combats se poursuivaient et deux soldats russes ont été tués par un obus de mortier, a annoncé l'armée russe. Des avions du régime ont en outre largué des barils d'explosifs dans des zones tenues par les insurgés dans la province de Hama, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
Sources : agences

