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Culture - Interview

Bechara El-Khoury : Fier que mon pays me rende un tel hommage

Alors que l'Orchestre philharmonique du Liban et le Centre du patrimoine musical libanais lui ont consacré un concert spécial pour ses soixante ans, au cours duquel l'État libanais lui a remis l'écusson de la culture, le compositeur Bechara El-Khoury, de passage à Beyrouth, a répondu aux questions de « L'Orient-Le Jour ».

Bechara El-Khoury : soixante ans, un hommage en musique et une reconnaissance de l’État libanais. Photo Press

Vous êtes heureux de cet anniversaire?
Oui, très heureux et fier que mon pays natal me rende un tel hommage. Le Conservatoire national et le Centre du patrimoine musical libanais n'ont pas ménagé leurs efforts pour que ce concert soit vraiment exceptionnel.

Qu'y avait-il au programme ?
Deux concertos, Autumn Pictures pour clarinette et Aux Frontières de nulle part pour violon, et trois pièces symphoniques, Clair obscur (commande du Festival de Baalbeck en 2015) et les Fleuves engloutis, ainsi que ma pièce favorite de Gabriel Yared, La Suite du Patient anglais. Ce grand ami et compositeur génial m'a fait l'honneur et l'amitié de venir interpréter lui-même cette œuvre.

Qui étaient les interprètes de ce concert ?
Notre grand orchestre philharmonique du Liban, placé sous la direction d'un très brillant jeune chef français, David Molard. Il a su galvaniser nos musiciens, les motiver et leur faire donner le meilleur d'eux-mêmes. Retenez ce nom, d'ici peu il sera au firmament des chefs d'orchestre. Il est déjà très demandé dans les capitales européennes pour diriger des concerts symphoniques et des opéras.
Patrick Messina, dédicataire de mon Concerto pour clarinette, est l'un des instrumentistes les plus demandés et les plus appréciés aujourd'hui. Ricardo Mutti dit qu'il est, actuellement, le plus grand clarinettiste du monde, et des chefs comme Bernard Haitink veulent absolument travailler avec lui.
Quant à la soliste du concerto pour violon, Aux Frontières de nulle part, Fanny Robilliard, c'est une excellente jeune violoniste très talentueuse et sensible. Elle faisait un retour aux sources sur les traces de son grand-père, le célèbre Bertrand Robilliard, qui a formé toute une génération de compositeurs libanais.

Votre musique a donc été servie par des interprètes de haut niveau ?
Et comment ! Et je les remercie du fond du cœur. C'était en outre, pour eux, l'occasion de découvrir le Liban et cela m'a fait plaisir d'y être avec eux.

Quelle est pour vous la définition d'une grande musique ?
Pour moi, une grande musique ne peut être que mélancolique ou tragique.

Que faut-il vous souhaiter ?
De revenir plus souvent au Liban !

 

 

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