La chancelière allemande Angela Merkel et Saad Hariri, hier à Berlin. Tobias Schwarz/AFP
Après son voyage à Paris et avant de gagner Bruxelles pour participer à la conférence internationale sur la Syrie qui se tient aujourd'hui, le Premier ministre, Saad Hariri, s'est rendu hier à Berlin, où il a conféré avec la chancelière allemande, Angela Merkel, notamment sur le poids qu'exercent les déplacés syriens sur l'économie et l'infrastructure libanaises, ainsi que sur le combat contre le terrorisme.
Lors d'une conférence de presse conjointe qu'il a tenue avec Mme Merkel, avant leur réunion au siège de la chancellerie allemande, M. Hariri a affirmé que « la présence au Liban d'un million et demi de déplacés syriens a exercé une pression sur l'économie, l'infrastructure et le tissu social du pays ». Pour faire comprendre l'ampleur de ce chiffre, le Premier ministre a estimé qu'il équivaut à 250 millions de déplacés qui se réfugieraient dans les pays de l'Union européenne (UE), soulignant que « le Liban accomplit aujourd'hui une aide caritative au nom du monde entier ». M. Hariri a ajouté, dans ce cadre, qu'il compte présenter lors de la conférence internationale de Bruxelles la vision du Liban pour réaliser la stabilité et le développement.
Angela Merkel
Mme Merkel a, pour sa part, exprimé son empathie avec le Liban face à « ce fardeau humain ». « Je voudrais exprimer au peuple libanais mon respect et mon appréciation pour l'accueil d'un si grand nombre de réfugiés syriens », a-t-elle déclaré, affirmant que « l'Allemagne est le deuxième plus grand donateur », et rappelant que son pays a offert l'an dernier plus de 286 millions d'euros au bénéfice des déplacés syriens.
La chancelière a en outre affirmé qu'il est « important également d'aider les populations d'accueil », rappelant que le ministre allemand des Affaires étrangères participera aujourd'hui à la conférence de Bruxelles. Mme Merkel a insisté sur la nécessité de voir les négociations qui s'y dérouleront « converger vers la recherche de remèdes politiques, sachant que les solutions militaires ont accru les difficultés et les défis, et n'ont pas conduit à la résolution des problèmes ».
Évoquant par ailleurs l'attentat de Saint-Pétersbourg, M. Hariri a invité la communauté internationale à œuvrer pour l'éradication du terrorisme, qu'il a décrit comme « un fléau sans religion ». Il a en outre exhorté l'Allemagne à se tenir aux côtés du Liban pour maintenir la stabilité de ce pays, car, a-t-il dit, « de nombreuses questions inconnues nous attendent ».
Le Premier ministre a par ailleurs remercié Mme Merkel pour « le long engagement de son pays au sein de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban », rendant hommage aux Casques bleus allemands pour « leur rôle remarquable dans le maintien de la paix ».
Après la réunion qui a suivi le point de presse, un déjeuner a été donné par Mme Merkel en l'honneur de son hôte, en présence de l'ambassadeur du Liban à Berlin, Moustapha Adib, et de Nader Hariri, chef du cabinet du Premier ministre.
Entretien Hariri-Guterres à Bruxelles
Le Premier ministre, qui est arrivé à Bruxelles hier en début de soirée, a rencontré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avec lequel il a examiné les derniers développements au Liban et dans la région. Les deux hommes ont évoqué le rôle des Nations unies pour aider le Liban à plusieurs niveaux afin de faire face à la crise des réfugiés syriens. Au menu des échanges également, la conférence de Bruxelles sur l'avenirde la Syrie et des pays de la région.
M. Hariri a ensuite rencontré les membres de la communauté libanaise résidant dans la capitale belge, à l'occasion d'un dîner auquel ont pris part les ministres de l'Éducation, Marwan Hamadé, de l'Économie, Raëd Khoury, des Affaires sociales, Pierre Bou Assi, de la Culture, Ghattas Khoury, le ministre d'État pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, et Élias Bou Saab, conseiller du président de la République Michel Aoun.


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