Liban

L’ONU et l’UE veulent aider le Liban à respecter ses engagements internationaux

Droits de l’homme

Une session de formation a été organisée hier à l'intention de journalistes.

Yara ABI AKL | OLJ
25/03/2017

Si le Liban se vante d'avoir efficacement contribué à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme, notamment avec les grands efforts de Charles Malek, il reste que le pays n'a toujours pas appliqué toutes ses obligations et tous ses engagements internationaux dans ce domaine. Il s'agit évidement des recommandations portant sur le respect des droits de l'homme formulées à la lumière du rapport annuel présenté par les autorités libanaises au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, en novembre 2015, et approuvées par le Liban en 2016.

C'est à la faveur de cette logique que le bureau régional du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord du haut-commissaire aux Droits de l'homme a mis en place un programme destiné à aider l'État libanais à répondre à ses obligations internationales dans ce domaine. Ce programme est financé par l'Union européenne.

Lors d'une session de formation organisée à l'intention des journalistes hier à l'hôtel Riviera, Lynn Eid, coordinatrice du programme, a exposé les activités et les objectifs du projet. « Nous voulons aider le Liban à respecter ses engagements internationaux en matière de droits de l'homme », a-t-elle dit, ajoutant qu'« il faut mettre en place un mécanisme permanent pour la rédaction des rapports décrivant la situation des droits de l'homme au Liban », soulignant que le comité chargé de ce mécanisme – qui devrait être formé de toutes les composantes du gouvernement – serait lié à la présidence du Conseil ou au ministère de la Justice. Selon elle, la mise en place de ce mécanisme permettra d'assurer l'authenticité des données collectées pour l'étude de la situation des droits de l'homme. Parmi les activités du programme figure aussi la mise en place d'une « direction des droits de l'homme » au sein du ministère de la Justice, ainsi que la collaboration avec le Conseil national pour les personnes à besoins spéciaux, en vue de garantir le respect des droits de ces individus, loin de toute forme de discrimination.

À l'heure où d'aucuns estiment que le respect des obligations internationales liées aux droits de l'homme relève de la responsabilité de l'État, le programme d'aide au Liban consacre la société civile comme partenaire essentiel plutôt que les instances officielles. Ainsi, « il fournit des aides aux ONG pour leur permettre de contrôler l'application des recommandations liées au rapport annuel sur les droits de l'homme présenté par les autorités publiques », comme l'a expliqué Lynn Eid.
Outre le contrôle, le programme d'aide au Liban permet aux instances de la société civile de sensibiliser les habitants des régions rurales et peu développées à l'importance du dossier des droits de l'homme en collaboration avec les médias. Il prend donc part à des campagnes de sensibilisation organisées par divers groupements et associations.

Commission nationale

Si le Liban a longtemps manqué à ses obligations internationales en ce qui concerne les droits de l'homme, les autorités officielles planchent actuellement sur la formation d'une « commission nationale ». Selon Nidal Jurdi, vice-représentant adjoint régional du Haut-Commissariat aux Droits de l'homme pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, « cette commission est une personne morale de droit public, chargée de contrôler l'action du pouvoir exécutif dans le domaine des droits de l'homme ».
« Cette commission est chargée de visiter les prisons, établir des programmes de sensibilisation à l'intention des écoliers et des étudiants et mener des enquêtes concernant le respect des droits de l'homme en période de conflit », a expliqué M. Jurdi, mettant l'accent sur l'importance de l'indépendance de la commission par rapport au pouvoir exécutif.
« La commission nationale pour les droits de l'homme sera formée en vertu d'une loi et comprendra des médecins (nommés par les ordres de Beyrouth et Tripoli), un journaliste (nommé par les ordres des rédacteurs et de la presse), un juge à la retraite, des spécialistes du droit international humanitaire, ainsi que des représentants de la société civile (nommés sur recommandation de la commission parlementaire des Droits de l'homme) », a encore dit Nidal Jurdi.

 

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NAUFAL SORAYA

"il reste que le pays n'a toujours pas appliqué toutes ses obligations et tous ses engagements internationaux dans ce domaine":
Il reste que l'ONU devrait garder à l'esprit que le Liban héberge depuis 1948, près d'un demi-million de réfugiés palestiniens dont la présence lui a valu le déclenchement d'une guerre de 15 ans, et depuis 2011, plus d'un million de réfugiés syriens, qui représentent une menace quotidienne pour notre pays, alors qu'il n'est pas signataire de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés et qu'à ce titre, il n'est tenu pas d'en accueillir un seul... Et il en compte 2 millions au bas mot!

Que les pays signataires qui savent donner des lecons de morale aux non-signataires tout en se gardant bien d'accueillir des réfugiés ou en les triant sur le volet et les reçoivent au compte-gouttes revoient un peu leur discours...

Quant à l'état des prisons, il n'est pas mieux en France ou aux USA où on exécute pour faire de la place aux autres condamnés...

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