Une veillée aux chandelles a eu lieu hier soir sur Trafalgar Square, noire de monde, en mémoire des victimes de l’attentat de mercredi à Londres. Adrian Dennis/AFP
Les jihadistes de l'État islamique (EI) ont revendiqué hier l'attentat à proximité du Parlement britannique, qui a fait trois morts mercredi à Londres, première attaque sur le sol britannique que s'attribue ce groupe extrémiste. « L'auteur de l'attaque en face du Parlement britannique à Londres est un soldat de l'EI et l'opération a été menée en réponse à l'appel à frapper les pays de la coalition » internationale antijihadistes, a affirmé Amaq, l'agence de propagande de l'EI, citant « une source de sécurité ». La police britannique avait indiqué dès mercredi privilégier la piste du « terrorisme islamiste ».
Selon la Première ministre Theresa May, l'assaillant, abattu lors de l'attaque, est né au Royaume-Uni et était un « extrémiste connu des services de renseignements ». « Il y a quelques années, il a fait l'objet d'une enquête du MI5 » (service de renseignements intérieurs) en lien avec « l'extrémisme violent », a dit Mme May, ajoutant qu'il était alors « un personnage périphérique » dans cette enquête. Selon le Guardian, il ne figurait pas sur la liste du MI5 des 3 000 personnes les plus susceptibles de commettre un acte terroriste.
Hier, après avoir dans un premier temps refusé de divulguer son identité, la police a indiqué que l'auteur de l'attentat est Khalid Masood (52 ans), né dans le Kent, au sud-est de l'Angleterre, précisant qu'il ne faisait l'objet « d'aucune enquête en cours ». Il avait toutefois été condamné à plusieurs reprises, notamment pour « possession d'armes, agressions et désordre public », a précisé la police londonienne dans un communiqué. « Il n'a jamais été condamné pour des délits terroristes », a-t-elle cependant noté. Khalid Masood vivait depuis peu dans les West Midlands, dans le centre de l'Angleterre.
Nous n'avons pas peur
Résolue à afficher sa détermination face à l'attaque la plus meurtrière depuis douze ans au Royaume-Uni, la Chambre des communes, au grand complet, a observé une minute de silence hier matin, avant de reprendre ses travaux. « Nous n'avons pas peur », a clamé Theresa May en s'adressant aux députés, ajoutant que la démocratie allait « toujours triompher ». « Cet acte de terrorisme a échoué car nous sommes ici et nous allons reprendre notre travail », a abondé une députée de l'opposition travailliste, Harriet Harman. Mme May a en outre souligné que l'attentat ne remettait pas en cause le déclenchement officiel du Brexit, prévu mercredi prochain.
Commise un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles qui ont fait 32 morts, l'attaque à Londres rappelle celles de Nice (86 morts) et Berlin (12 morts), toutes deux revendiquées en 2016 par l'EI et déjà perpétrées en lançant un véhicule contre la foule. La police britannique a indiqué hier avoir procédé, dans la nuit de mercredi, à huit arrestations à six adresses différentes à Birmingham, Londres et ailleurs dans le pays. Une opération d'envergure a eu lieu en particulier à Birmingham, deuxième ville du pays et un des principaux repaires des islamistes britanniques. « L'homme de Londres habitait ici », a assuré un témoin du raid policier à Birmingham à l'agence Associated Press. La police a ajouté que les huit personnes interpellées étaient soupçonnées de préparer des actes terroristes. Selon plusieurs médias, la voiture utilisée par l'assaillant pour faucher les piétons sur le pont de Westminster a été louée à Birmingham.
Par ailleurs, selon une source diplomatique en Espagne, la femme décédée dans l'attaque est une mère de famille britannique dont la mère est espagnole. En outre, le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé hier qu'un Américain faisait partie des trois personnes qui ont péri dans l'attentat. « Un grand Américain, Kurt Cochran, a été tué dans l'attaque terroriste de Londres. Mes prières et mes condoléances vont vers sa famille et ses amis », a écrit M. Trump dans un tweet. Originaire de l'Utah, Kurt Cochran était à Londres avec sa femme Melissa, qui a été grièvement blessée, selon son frère, Clint Payne, qui a publié un communiqué. Vingt-neuf personnes, dont de nombreux touristes, ont été hospitalisées. Sept sont toujours dans un état critique, a indiqué la police, précisant que l'un d'entre eux est décédé en soirée des suites de ses blessures, portant le bilan des victimes à quatre tués. Parmi les blessés figurent trois élèves français du lycée Saint-Joseph de Concarneau, en voyage scolaire, dont deux sont dans un état grave. Quatre touristes sud-coréens, deux Roumains, deux Grecs, un Portugais, un Italien, un Américain, un Chinois et un Irlandais ont également été blessés.
Le périmètre autour du palais de Westminster, cœur politique et touristique de la capitale britannique, était toujours bouclé hier. « Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme », a affirmé le maire de Londres, Sadiq Khan, lors d'une veillée aux chandelles dans la soirée sur Trafalgar Square en mémoire des victimes. « Mes pensées et mes prières, ainsi que ma plus profonde sympathie, vont à tous ceux qui ont été affectés par l'horrible violence », a déclaré pour sa part la reine Elizabeth II.
(Source: AFP)

