Pour préserver l’espoir

Pour mes filles, la fête des Mères reste une date insupportable

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Raya Daouari a disparu à l’âge de 30 ans.

Mon nom est Raya. J'étais une jeune maman de 30 ans. À la suite du décès de mon mari, je me suis retrouvée à élever seule nos deux filles, Abir et Nisrine. Après une longue période de désespoir, j'ai repris le dessus et trouvé un travail. J'étais chargée d'organiser le départ et l'accueil de jeunes boursiers qui se rendaient à l'étranger pour poursuivre leurs études. Contribuer à assurer un meilleur avenir à ces jeunes constituait pour moi une grande satisfaction. Entre le travail et les enfants, je n'avais pas une seconde pour moi. J'attendais avec impatience que mes filles entrent à l'école pour souffler un peu.

J'étais en route vers Souk el-Gharb, justement pour inscrire Abir et Nisrine à l'école, quand j'ai été enlevée avec quatre autres passagers à un barrage situé au niveau du musée, à Beyrouth. Samia, Mona, Hanane et Younès étaient de jeunes étudiants qui se rendaient en Syrie. Ils devaient prendre un avion à destination de Moscou où ils comptaient poursuivre leurs études. Nous avons tous disparu. Seul le chauffeur a été relâché. D'ailleurs, c'est lui qui a raconté la terrible nouvelle à nos familles respectives.

Abir et Nisrine étaient respectivement âgées de 6 ans et 5 ans. Elles ont dû faire leur rentrée scolaire sans leur maman. Au début, leur chagrin était insupportable. Au fil du temps, il s'est apaisé. Il n'en reste pas moins que le jour de la fête des Mères est toujours pour elles une date particulièrement douloureuse.
Mon nom est Raya Daouari. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

 

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

 

Tous les témoignages dans notre dossier
Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...


Mon nom est Raya. J'étais une jeune maman de 30 ans. À la suite du décès de mon mari, je me suis retrouvée à élever seule nos deux filles, Abir et Nisrine. Après une longue période de désespoir, j'ai repris le dessus et trouvé un travail. J'étais chargée d'organiser le départ et l'accueil de jeunes boursiers qui se rendaient à l'étranger pour poursuivre leurs études....

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