Le gouvernement bulgare a dit mardi vouloir stopper la procédure de concession de l'aéroport de Sofia pour laquelle deux des trois sociétés intéressées sont turques, au moment où les rapports entre Sofia et Ankara sont empoisonnés par la campagne électorale bulgare.
"La situation internationale étant assez compliquée, on met l'accent sur la sécurité", a indiqué Hristo Alexiev, ministre des Transports du gouvernement intérimaire bulgare, pour expliquer sa démarche. Il proposera au gouvernement une décision suspendant la procédure de concession lancée en mai 2016, à l'occasion d'un conseil des ministres le 29 mars, soit trois jours après les législatives anticipées de dimanche.
"L'intérêt national pourrait être mieux défendu" dans ce dossier, a encore déclaré le ministre. L'Etat, actionnaire à 100% de l'aéroport de la capitale, "ne doit pas céder au concessionnaire la conception du développement d'une infrastructure stratégique", a-t-il ajouté.
Trois sociétés dont deux turques ont manifesté leur intérêt pour une concession de 35 ans de la gestion de la plate-forme aéroportuaire de Sofia, sans pour autant avoir soumis d'offre, écrivait l'hebdomadaire économique Capital en janvier.
Le "candidat le plus sûr" est le groupe turc TAV Airports, dont le groupe Aéroports de Paris (ADP) détient 38% du capital, écrivait le journal. Une autre société turque, Limak, en consortium avec la banque russe VTB, s'est également montrée intéressée, ainsi que la société allemande Fraport.
Le ministre a également justifié sa décision en affirmant que les conditions de la concession, lancée par le précédent gouvernement conservateur, dont un versement initial de 225 millions d'euros destiné à l'assainissement des chemins de fer, mènerait à une hausse des taxes d'aéroport et à un recul du nombre des passagers.
Le président et le gouvernement intérimaire bulgares, ainsi que les deux principaux partis en lice aux législatives, les socialistes (PSB) et les conservateurs du Gerb, reprochent à la Turquie de s'ingérer dans les affaires intérieures bulgares par un soutien ouvert à Dost, un nouveau parti pro-turc influent auprès des émigrants bulgares en Turquie.
Dans une interview à l'AFP lundi, la présidente du PSB Kornelia Ninova avait appelé le gouvernement intérimaire à "arrêter une procédure de concession d'un site stratégique pour la sécurité nationale".
"Il s'agit de l'aéroport de Sofia pour la gestion duquel une société turque est candidate", a-t-elle précisé.
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AFP / le 21 mars 2017 à 16h37

