La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, lors d’une conférence de presse à Hanovre (Nord), en marge du Salon de l’électronique CeBit. Fabian Bimmer/Reuters
La chancelière Angela Merkel a menacé hier d'interdire aux responsables turcs de participer à des réunions électorales pro-Erdogan en Allemagne si les attaques à son encontre en référence au nazisme se poursuivent.
Dans le même temps, Berlin n'a annoncé aucune sanction immédiate et paraît en réalité soucieux d'éviter une surenchère dont profiterait surtout Recep Tayyip Erdogan dans sa volonté de mobiliser son électorat en vue du référendum du 16 avril sur un renforcement de ses pouvoirs de chef d'État.
Le gouvernement allemand « se réserve le droit » de « réexaminer les autorisations » données à ce jour à la participation de responsables politiques turcs à des meetings en Allemagne, a déclaré Angela Merkel, lors d'une conférence de presse à Hanovre (Nord), en marge du Salon de l'électronique CeBit.
« Les comparaisons avec le nazisme doivent cesser », a-t-elle martelé, « nous n'allons pas tolérer que la fin justifie toujours les moyens et que tous les tabous tombent sans respect pour la souffrance de ceux qui ont été poursuivis et assassinés durant le national-socialisme ».
La veille, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en était pris personnellement à la chancelière, suite à l'interdiction de réunions électorales en sa faveur en Allemagne, où vivent environ trois millions de Turcs.
« Pratiques nazies »
« Tu as recours en ce moment précis à des pratiques nazies », avait lancé dimanche à la télévision M. Erdogan à l'adresse d'Angela Merkel.
Angela Merkel a détaillé le contenu d'un document transmis il y a quelques jours par le ministère allemand des Affaires étrangères aux autorités turques. Il précise les conditions dans lesquelles des réunions électorales du parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP, ont été autorisées sur le sol allemand, où vit la plus grande diaspora turque au monde, et avertit notamment que « la participation des responsables politiques turcs (...) n'est possible que dans le respect des principes » de la Constitution du pays, a-t-elle dit. « Dans le cas inverse (...) le gouvernement allemand se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris un réexamen des autorisations (de meetings) données », a ajouté la chancelière.
Les relations entre la Turquie et l'Allemagne traversent une crise aiguë après l'annulation par les autorités locales de plusieurs réunions électorales pro-Erdogan dans le pays, dont M. Erdogan s'est emparé pour dénoncer l'Europe et l'Allemagne en particulier, avec qui les relations sont exécrables depuis l'été dernier.
« Tactique »
Pour autant, Berlin, tout en accusant les responsables turcs d'avoir « franchi une limite » avec la mention du nazisme, fait tout pour éviter un affrontement direct.
Après avoir accueilli plus d'un million de migrants en 2015 et 2016, l'Allemagne d'Angela Merkel a toujours le plus grand besoin de la Turquie pour freiner le flux de réfugiés vers l'Europe, dans le cadre du pacte UE-Turquie.
Berlin stationne aussi ses avions de chasse sur la base turque d'Incirlik (Sud) dans le cadre de la lutte de la coalition internationale contre l'organisation État islamique.
Surtout, aux yeux de Berlin, toute surenchère n'aboutirait qu'à faire le jeu du président Erdogan dans la perspective du référendum du 16 avril.
« Cela sert surtout les intérêts du président turc », qui cherche « par des menaces et insultes » à « obtenir la majorité des voix en Turquie et en Allemagne des ressortissants turcs » en se posant en victime, a déclaré hier le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères Martin Schäfer. « Plus nous répliquons, plus nous alimentons la tactique suivie par ce gouvernement, par le parti au pouvoir, par le président », a-t-il argumenté.
« Le piège du fascisme »
Enfin, le gouvernement turc a mis lundi l'Europe en garde contre « le piège du fascisme », défendant l'emploi de ce terme et celui du « nazisme » dans sa crise diplomatique avec plusieurs pays européens. « Nous pouvons entendre le bruit de bottes du nazisme et du fascisme. Des mesures doivent être prises contre cela (...) nous le disons (aux pays européens) pour qu'ils ne tombent pas dans le piège du fascisme », a déclaré le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus lors d'une conférence de presse.
(Source : AFP)


IRONIE DE L'HISTOIRE, 2 PAYS AYANT PRATIQUÉ LE GÉNOCIDE DANS LEUR HISTOIRE SE JETTENT À LA FIGURE DES INVECTIVES DE NAZISME OU NEO-NAZISME. ... LE SEUL TRUC PAS MARRANT C'EST QUE VOUS NE NOUS METTEZ PAS CA EN PRIME NEWS ... FAUT PAS AVOIR HONTE DE SES CHOIX POLITIQUES , LES ALLIES DE L'OTAN. .. HAHAHA...
16 h 33, le 21 mars 2017