Des Irakiens fuyant les quartiers ouest de Mossoul, hier. Ahmad al-Rubaye/AFP
Le groupe État islamique (EI) continue de perdre du terrain à Mossoul face aux forces irakiennes. En Irak, le commandement conjoint des opérations, qui coordonne la lutte contre l'EI dans ce pays, a annoncé que les unités d'élite du contre-terrorisme (CTS) avaient repris le quartier de Moualemine et Silo dans l'ouest de Mossoul Les forces irakiennes pensent pouvoir expulser les derniers jihadistes de l'EI de Mossoul-Ouest d'ici à un mois, malgré des combats très intenses en zone urbaine densément peuplée, a annoncé hier le chef du corps d'élite CTS. « Malgré les combats difficiles (...), nous avançons avec détermination pour avoir terminé la bataille pour la partie ouest d'ici à un mois », a déclaré le général Talib Charghati lors d'une conférence à Soulaimaniya.
À l'intérieur de la ville, les CTS combattent aux côtés de la police fédérale et de la Force d'intervention rapide (FIR), unité d'élite du ministère de l'Intérieur, celle qui a repris cette semaine le siège du gouvernorat provincial et le musée de Mossoul. Un colonel de la police fédérale a déclaré hier qu'il y avait eu des heurts près du musée, où les jihadistes s'étaient filmés en train de détruire des objets d'art en 2015. « La ligne de front est juste après, explique le colonel Hammid Habib de la Force d'intervention rapide. Il y a des snipers stationnés dans des bâtiments hôteliers sur une route au-delà de cette ligne. »
Les autres forces de sécurité impliquées dans l'offensive lancée le 19 février pour reprendre la partie ouest de la métropole du nord de l'Irak, dont la moitié orientale avait été reprise fin janvier, consolidaient leurs gains des derniers jours. « Pour l'instant, le commandement n'a pas donné l'ordre d'avancer vers la vieille ville », un quartier densément construit et peuplé où les combats s'annoncent ardus, a indiqué un colonel des FIR, Abdel Amir al-Mohammedawi.
En attendant cet ordre, les forces de sécurité « traquent les snipers » et « ratissent les quartiers reconquis pour désamorcer » les bombes laissées par les jihadistes dans les rues, les maisons ou les commerces, a-t-il indiqué.
« Boucliers humains »
Parmi les centaines de milliers de civils toujours présents à Mossoul-Ouest, seuls quelque 50 000 ont réussi à fuir et rejoindre des camps de déplacés, selon l'Organisation internationale pour les migrations. À Mossoul, « on était des boucliers humains » pour l'EI, a expliqué Abdel Razak Ahmad, 25 ans.
Les jihadistes défendent leur dernier bastion irakien sans leur chef Abou Bakr al-Baghdadi, qui « est vivant », mais « a quitté Mossoul », selon un responsable américain. Le chef de l'EI « n'exerce probablement aucune influence tactique sur la manière dont la bataille est menée », selon ce responsable à Washington.
Le mystérieux et invisible chef de l'EI, aujourd'hui traqué comme l'avait été avant lui le chef d'el-Qaëda Oussama Ben Laden, avait fait de Mossoul sa principale base. Il y avait fait sa seule apparition publique en juillet 2014, y proclamant un « califat » sur les territoires conquis par l'EI en Irak et Syrie.
Selon le même responsable américain, l'EI a perdu « 65 % du terrain », en Irak et en Syrie, qu'il contrôlait à son expansion maximale en 2014, et « près de la moitié des combattants » dont disposait l'EI à son apogée ont été tués. Le Pentagone estime que le groupe ultraradical compte désormais au maximum 15 000 hommes.
D'après le responsable américain, le groupe jihadiste prévoit, après la perte attendue de Mossoul et de Raqqa, de se replier et de « continuer à fonctionner comme un pseudo-État centré sur la vallée de l'Euphrate », dans l'est de la Syrie et l'ouest de l'Irak.
(Sources : agences)

