Le Premier ministre, Saad Hariri, réuni avec le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l’ambassadeur de France à Beyrouth, Emmanuel Bonne, et la délégation qui les accompagne. Photo Dalati et Nohra
En visite officielle à Beyrouth, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a effectué hier une tournée auprès des responsables libanais et a réaffirmé l'engagement de son pays à soutenir l'armée libanaise.
La France continuera à apporter son assistance à l'armée libanaise, notamment celle qu'a promis de fournir le président François Hollande lors de sa dernière visite au Liban, a assuré M. Le Drian lors d'une rencontre hier avec le président de la République, Michel Aoun, en présence de l'ambassadeur de France à Beyrouth, Emmanuel Bonne. Une promesse réitérée le soir même, lors d'une réception donnée en l'honneur de M. Le Drian à la Résidence des Pins. « Je suis heureux de confirmer que la contribution exceptionnelle annoncée par le président de la République à Beyrouth, au mois d'avril 2016, aboutira dans les semaines à venir, a déclaré le ministre de la Défense. En 2017, l'armée libanaise recevra de la France des moyens supplémentaires, notamment dans la lutte contre les engins explosifs, des véhicules blindés, mais aussi la formation, les munitions et les pièces de rechange pour les moyens déjà livrés. J'observe d'ailleurs que dans le domaine de la formation opérationnelle, notre effort a été triplé depuis 2014. Pour la seule année 2017, 20 millions d'euros seront engagés dans ce cadre au service de la sécurité du Liban. Cet effort se poursuivra », a dit M. Le Drian.
M. Aoun a, de son côté, fait part de son espoir de voir « la France poursuivre son appui à l'armée libanaise pour lui permettre d'assumer ses responsabilités nationales et de combattre le terrorisme ». Le président a également qualifié les relations libano-françaises d' « historiques », souhaitant qu'elles soient encore renforcées dans l'intérêt des deux pays.
Jean-Yves Le Drian s'est ensuite rendu chez son homologue libanais, Yaacoub Sarraf, à qui il a assuré que « la France est extrêmement attachée à l'intégrité et à la souveraineté du Liban ». « Cela passe évidemment par le respect des institutions, mais cela passe parallèlement par l'existence de forces armées libanaises structurées et solides », a déclaré M. Le Drian.
Nécessité du soutien à l'armée
Accompagné de l'attaché militaire près l'ambassade de France à Beyrouth, Christian Herrou, le ministre français s'est également entretenu avec le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwagi. Les discussions ont été axées sur la situation locale et régionale et sur la coopération entre les armées des deux pays. Les deux hommes ont de même abordé les missions du contingent français au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Le Drian devrait visiter le contingent français aujourd'hui.
« On ne le dit pas assez, le contingent français de la Finul, fort de ses 850 militaires, représente la contribution française la plus importante à une opération de maintien de la paix. Cette présence robuste illustre la détermination de la France, avec les autres composantes de la Finul, à contribuer à la cessation des hostilités au Liban-Sud, dans l'attente d'une solution à long terme », a déclaré M. Le Drian hier soir, à la Résidence des Pins.
Le ministre français a aussi été reçu par le chef du Parlement, Nabih Berry. Les deux hommes ont évoqué lors de leur entretien les relations entre la France et le Liban ainsi que le soutien militaire au Liban.
Jean-Yves Le Drian s'est en outre rendu hier après-midi chez le Premier ministre, Saad Hariri, qui a souligné la nécessité que la France continue à soutenir l'armée libanaise en termes d'entraînement et de matériel. Pour M. Hariri, cette aide est importante parce qu'elle permet à l'armée de poursuivre ses missions de préservation des frontières et de la sécurité. Le Premier ministre a en outre réitéré ses remerciements à François Hollande pour le don de 15 millions d'euros offerts en 2016 par la France. Il a également loué le rôle de la France au sein de la Finul.
Aider le Liban à exercer intégralement sa souveraineté
« L'objectif que se sont donné le Liban et la communauté internationale est connu de tous : il est décrit dans la résolution 1701, dont les Nations unies sont la garante. Il s'agit d'aider le gouvernement libanais à exercer intégralement sa souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais. Nous n'ignorons pas que la lutte contre le terrorisme accapare une partie importante des moyens des forces armées libanaises, qui pourraient être déployées au Sud. Mais il reste de notre responsabilité, en attendant des conditions plus propices, de coopérer activement avec l'armée libanaise pour qu'elle soit chaque jour mieux préparée à assumer sa mission dans cette région », a déclaré M. Le Drian hier soir. Ses propos font écho aux déclarations de Michel Aoun, il y a quelques semaines, qui avait qualifié les armes du Hezbollah de « nécessaires » et suscité l'inquiétude des Nations unies quant au respect de la 1701.
Début 2016, Riyad avait interrompu son aide de trois milliards de dollars à l'armée libanaise pour protester contre « des prises de position hostiles, résultant de la mainmise du Hezbollah sur l'État ».
Le programme d'aide saoudienne à l'armée libanaise prévoit la livraison de différents types d'armement en provenance de France. Certains équipements ont été livrés et une seconde livraison était prévue au printemps 2016 mais ce calendrier n'a pas été tenu.

