Jacek Saryusz-Wolski, candidat privilégié par Varsovie à la tête du Conseil européen, en 2008. Dominique Faget/APF
La Pologne a présenté samedi un candidat au poste de président du Conseil européen contre le Polonais Donald Tusk, son titulaire sortant qui brigue un deuxième mandat, du jamais-vu dans l'Union européenne. Le parti conservateur nationaliste au pouvoir dans son pays refuse en effet de soutenir cet ancien Premier ministre libéral. Juste avant l'annonce officielle, la direction politique du parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne, a demandé à son gouvernement de « fermement » refuser son soutien à Donald Tusk. Le PiS l'accuse d'avoir « violé le principe de neutralité face à un État membre de l'UE, la Pologne en l'occurrence ». Selon PiS, M. Tusk a soutenu des projets et des décisions allant à l'encontre des intérêts polonais et apporté son appui à l'opposition. « Le gouvernement polonais propose la candidature de (l'eurodéputé polonais) Jacek Saryusz-Wolski au poste de président du Conseil européen », a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. M. Tusk était jusqu'à présent le seul candidat déclaré à la présidence du Conseil. Son éventuelle reconduction aux fonctions qu'il occupe depuis deux ans devrait être examinée au prochain sommet européen à Bruxelles, jeudi. Selon des sources diplomatiques françaises, elle pourrait aussi être évoquée dès aujourd'hui à Versailles au sommet des chefs d'État et de gouvernement de France, d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne consacré à l'avenir de l'UE. La candidature de Donald Tusk à un second mandat est souhaitable aux yeux d'une nette majorité d'États membres de l'UE. Celle de son rival, avancée à cinq jours seulement de la réunion du 9 mars, paraît vouée à l'échec. « Il ne faudrait pas que M. Tusk soit victime de la volonté de son propre pays de l'écarter. Ce ne serait pas correct », a toutefois commenté une des sources françaises. « Tusk a une position très forte », a confirmé à l'AFP un diplomate européen. Il a ajouté qu'étant le président en exercice du Conseil européen, M. Tusk n'avait pas besoin d'être nommé par un pays. Il lui suffit de confirmer sa volonté de briguer un deuxième mandat, ce qu'il a fait au récent sommet de Malte. Jacek Saryusz-Wolski, 68 ans, siège depuis 2004 au Parlement européen, où il était membre du groupe du Parti populaire européen (PPE). Jusqu'à samedi, il était aussi membre du principal parti d'opposition polonais, la Plateforme civique (centriste, PO). En réaction immédiate à l'annonce faite par le gouvernement, la PO a décidé d'exclure M. Saryusz-Wolski de ses rangs, ce qui entraîne, ce qu'a confirmé le chef du PPE Joseph Daul, son exclusion du Parti populaire européen.
(Source : AFP)

