Raymond Kopa, le 7 janvier dernier au stade Santiago Bernabeu, lors de la présentation du 4e Ballon d’or obtenu par Cristiano Ronaldo (à l’arrière-plan). Gérard Julien/AFP
Joueur de légende et figure des années 1950, Raymond Kopa, vainqueur de trois Coupes d'Europe avec le Real Madrid et Ballon d'or en 1958, est décédé hier à l'âge de 85 ans des suites d'une longue maladie. Hospitalisé depuis dimanche dernier, « il est décédé à 08h15 après une rechute de sa maladie », a indiqué son gendre William Boucher.
« La disparition de Raymond Kopa plonge la fédération dans une immense tristesse », a aussitôt souligné le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët. Une minute de silence sera observée ce week-end sur tous les terrains de Ligue 1 et Ligue 2. Kopa « alliait l'intelligence du jeu à une technique remarquable », a souligné le président français François Hollande, alors que le président de la FIFA, Gianni Infantino, voit en lui une « inspiration pour de nombreuses générations et un homme dont l'engagement au service du football a été sans faille tout au long de sa vie ».
Football-champagne
Du haut de son 1,68 m, Raymond Kopaszewski (son nom complet) a ouvert la lignée des grands numéros 10 français, à laquelle appartiennent également Michel Platini ou Zinedine Zidane. Né dans une famille de mineurs du Pas-de-Calais, mais snobé par les clubs de la région en raison de son gabarit, il se fait remarquer au SCO d'Angers. Mais c'est au Stade de Reims – de 1951 à 1956 – qu'il déploie son sens du dribble et sa vision du jeu, qui donnent tout son sens à l'expression « football-champagne ». Il hisse les Rouge et Blanc en finale de la Coupe d'Europe, mais tombe sur plus fort que lui, le Real Madrid (4-3). « Plus que le Stade de Reims, le football perd une grande étoile », a tweeté le club champenois, dont il était président d'honneur.
Séduit lors de la finale, Santiago Bernabeu, mythique président du Real, le convainc de rejoindre les Merengues, qui écrasaient l'Europe du football en attirant déjà ce qui se faisait de mieux, comme l'Espagnol d'origine argentine Alfredo Di Stefano ou le Hongrois Ferenc Puskas. Kopa « était un joueur à la technique exquise, avec une grande capacité à dribbler et à déséquilibrer l'adversaire en attaque », a rappelé le club espagnol, qui a fait observer une minute de silence avant l'entraînement, hier. Il y connaît enfin le sacre continental, à trois reprises : 1957, 1958 et 1959. « C'est lui qui nous a montré le chemin, c'est lui qui a ouvert la voie », a estimé Zidane, l'entraîneur madrilène, son héritier merengue.
En équipe de France, Kopa se trouve des compères de choix avec Just Fontaine, qui l'a remplacé à Reims, ou Roger Piantoni. Le trio infernal emmène les Bleus en demi-finale du Mondial 1958 en Suède, où ils tiennent longtemps tête au Brésil chez qui débute un certain Pelé, avant de céder (5-2). Les Français finiront troisièmes.
Des esclaves
Cette année-là, Kopa devient le premier joueur français Ballon d'or européen. Troisième en 1956 et 1957 et deuxième en 1959, il est, avec Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, l'un des trois joueurs à avoir figuré quatre fois dans le tiercé de tête.
Première « star » du foot français, à une époque où le vrai professionnalisme était réservé à une poignée de joueurs, Kopa était aussi un ardent défenseur des droits des joueurs. « Les joueurs sont des esclaves », avait-il même déclaré, son tempérament étant au moins égal à son talent. Une saillie qui lui vaudra 6 mois de suspension. Kopa « avait choisi de mettre sa notoriété au service de la cause des joueurs », a souligné l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), dont il fut un membre actif, jouant un rôle décisif dans la mise en place du contrat à temps limité en 1969.
En 1959, il revient à Reims, où il évoluera en professionnel jusqu'en 1967, avant de prendre sa retraite à l'âge de 36 ans.
(Source : AFP)

