Les forces irakiennes spéciales pendant la contre-attaque des jihadistes de l’État islamique, hier à Mossoul. Goran Tomasevic/Reuters
L'État islamique a lancé une offensive contre les forces gouvernementales irakiennes soutenues par les États-Unis dans l'ouest de Mossoul à la faveur d'une tempête dans la nuit de mercredi à jeudi, alors que les combats pour le contrôle du dernier grand bastion urbain de l'EI en Irak s'intensifient. Des explosions et des tirs ont été entendus dans les quartiers sud-ouest de la ville tôt hier. Les combats se sont calmés en fin de matinée. Selon un officier irakien, des jihadistes ont attaqué des unités des forces d'élite du CTS (Service de contre-terrorisme) au moment où la tempête gênait la surveillance aérienne et la visibilité au sol. Il a expliqué que certains jihadistes s'étaient cachés au milieu de familles déplacées par les combats pour se rapprocher des troupes entraînées par les États-Unis. Selon des habitants, des civils et des jihadistes ont également été tués mercredi dans une attaque commise contre la mosquée Omar al-Assouad tenue par l'EI dans la partie ouest de Mossoul. Un porte-parole de la coalition menée par les États-Unis a dit ne pas être au courant d'une frappe aérienne contre la mosquée.
Un désastre humanitaire
Hier, un millier d'habitants supplémentaires ont fui Mossoul-Ouest, pour la plupart à pied. « Nous n'avons pratiquement rien mangé en quatre jours », a témoigné mercredi Widaa, une jeune femme de 20 ans ayant réussi à s'enfuir de la ville assiégée. Certains déplacés prennent de grands risques en cherchant à fuir les combats qui s'intensifient au fur et à mesure de l'avancée des forces irakiennes vers le centre de Mossoul, en particulier sa vieille ville. Les balles des tireurs embusqués représentent un grand danger pour les civils à Mossoul, a indiqué Kathy Bequary, la directrice de NYC Medics, un groupe apportant des secours d'urgence dans une clinique mobile aux abords de cette ville du nord de l'Irak. « Nous avons affaire à de nombreuses blessures graves provoquées par des snipers », explique-t-elle.
Parallèlement à cette avancée, les forces irakiennes ont dit contrôler la route reliant l'ouest de Mossoul à la ville de Tal Afar, également tenue par l'EI, isolant un peu plus les jihadistes. Couper cet axe permettrait d'empêcher les jihadistes se trouvant encore à Mossoul-Ouest de se ravitailler ou de fuir au fur et à mesure que les forces irakiennes avancent dans leur offensive. L'EI aurait encore par ailleurs entre 12 000 et 15 000 combattants en Irak et en Syrie, selon le général américain Stephen Townsend, qui commande à Bagdad les forces de la coalition.
(Sources : agences)

