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Moyen Orient et Monde - France

Fillon candidat « jusqu’au bout » malgré les juges et les défections

Dans un sondage publié hier, 73 % des Français estiment qu' « il faut laisser la justice faire son travail ».

Francois Fillon a annoncé hier qu'il restait dans la course à la présidence. Christian Hartmann/Reuters

Le candidat de la droite à la présidentielle française François Fillon a annoncé hier son maintien coûte que coûte dans la course malgré sa prochaine inculpation et des défections dans son camp. « Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j'irai jusqu'au bout », a martelé le candidat dans une allocution depuis son QG de campagne à Paris, en annonçant lui-même sa convocation devant les juges, le 15 mars, « afin d'être mis en examen ». Visée dans la même affaire liée à des soupçons d'emplois fictifs payés sur des deniers publics, son épouse Penelope doit elle aussi être convoquée par la justice en vue d'une éventuelle inculpation.
Ces annonces ont provoqué de gros remous parmi les soutiens du candidat. L'ancien ministre Bruno Lemaire, récemment rallié, a claqué la porte, reprochant à M. Fillon d'avoir renié sa promesse de se retirer en cas d'inculpation. Des députés de droite ont également exprimé leur lassitude, Catherine Vautrin, vice-présidente de l'Assemblée nationale, réclamant même « un autre candidat ». Le parti de centre-droit UDI a de son côté annoncé « suspendre » sa participation à la campagne de François Fillon. À l'inverse, sa garde rapprochée a annoncé la tenue d'un rassemblement de soutien dimanche.
Au départ grand favori pour succéder en mai au président socialiste François Hollande, le candidat conservateur de 62 ans est en difficulté depuis que la presse a révélé fin janvier qu'il avait embauché sa femme et ses enfants comme assistants parlementaires. « Je ne reconnais pas les faits. Je n'ai pas détourné d'argent public », a de nouveau martelé hier l'ex-Premier ministre du président Nicolas Sarkozy (2007-2012), triomphalement désigné en novembre lors d'une primaire de la droite. « Au-delà de la procédure judiciaire, c'est au peuple français et à lui seul que j'en appelle désormais (...) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République », a argumenté le candidat de la droite, qui peut se targuer d'être le seul à avoir déjà recueilli les 500 parrainages d'élus nécessaires à la validation de sa candidature.
« Une candidature à l'élection présidentielle n'autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges », a mis en garde le président François Hollande, face aux attaques répétées de M. Fillon contre le déroulement de l'enquête. Dans un sondage publié hier, 73 % des Français estiment qu' « il faut laisser la justice faire son travail ».
Les magistrats sont au-dessus des « reproches outranciers » et « suivent leur rythme en toute indépendance », ont affirmé hier de leur côté les premier président et procureur général de la Cour de cassation, plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français.

« Trêve judiciaire »
Ce feuilleton judiciaire dans une campagne déjà pleine d'incertitudes profite à ses principaux rivaux, la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen et l'ancien ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, repositionné au centre. Tous deux apparaissent désormais comme les mieux placés pour le second tour, le 7 mai, selon les derniers sondages.
Emmanuel Macron a accusé le champion de la droite de perdre « ses nerfs » et « le sens des réalités » et a refusé l'idée de toute « trêve judiciaire » pendant la campagne. Le socialiste Benoît Hamon a condamné l' « incroyable violence » des propos de M. Fillon, tandis que le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a affirmé avoir « de la peine » pour la droite, qui mériterait « un candidat présentable ».
En visite malgré tout hier au Salon de l'agriculture – passage obligé des politiques – François Fillon a pu mesurer les réactions contrastées qu'il suscite, acclamé par ses partisans ( « Fillon, président » ) et conspué par ses adversaires ( « Voleur ! Rends l'argent » ).
Les investigations portent sur des emplois occupés par Penelope Fillon comme attachée parlementaire de son mari et du suppléant de ce dernier pendant plus de quinze ans, pour un montant total de 680 380 euros nets. Les enquêteurs s'intéressent aussi au salaire perçu dans une revue littéraire appartenant à un proche de son époux. Autre sujet d'enquête, les emplois d'assistants parlementaires de deux enfants du couple, Charles et Marie Fillon, auprès de leur père de 2005 à 2007.
(Source : AFP)

Le candidat de la droite à la présidentielle française François Fillon a annoncé hier son maintien coûte que coûte dans la course malgré sa prochaine inculpation et des défections dans son camp. « Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j'irai jusqu'au bout », a martelé le candidat dans une allocution depuis son QG de campagne à Paris, en annonçant lui-même sa convocation devant les juges, le 15 mars, « afin d'être mis en examen ». Visée dans la même affaire liée à des soupçons d'emplois fictifs payés sur des deniers publics, son épouse Penelope doit elle aussi être convoquée par la justice en vue d'une éventuelle inculpation.Ces annonces ont provoqué de gros remous parmi les soutiens du candidat. L'ancien ministre Bruno Lemaire, récemment rallié, a claqué la porte, reprochant...
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