Les progrès de la lutte anticorruption en Roumanie ne sont pas irréversibles, ont averti jeudi le président roumain et la responsable du parquet chargé de combattre ce fléau, évoquant la récente tentative gouvernementale d'alléger les lois en la matière.
"En Roumanie, nombreux sont ceux qui disent soutenir la lutte contre la corruption. Mais nous avons tous vu (...) à quelle vitesse les efforts et le travail du système judiciaire peuvent être anéantis", a déclaré Laura Codruta Kovesi en présentant le bilan du parquet anticorruption (DNA) pour 2016. Pour que ces efforts aboutissent, "la stabilité du cadre législatif est vitale", a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse au côté du président de centre droit Klaus Iohannis, à Bucarest.
Ces remarques interviennent moins d'un mois après une tentative du gouvernement social-démocrate de dépénaliser dans certaines conditions l'abus de pouvoir. Le Premier ministre Sorin Grindeanu a finalement fait marche arrière sous la pression d'une vague de manifestations géantes.
"L'épée de Damoclès semble, pour l'instant, avoir été écartée", a noté M. Iohannis. "Mais l'irréversibilité de la lutte anticorruption n'est pas garantie" a-t-il estimé, évoquant "modifications législatives, immixtion du politique dans la justice et campagnes médias visant des magistrats ou des institutions".
Selon Mme Kovesi, le préjudice total pour l'Etat constaté par le DNA uniquement dans des cas d'abus de pouvoir s'est élevé à 260 millions d'euros l'année dernière. Dans le système de santé publique, "l'Etat achète des équipements à des prix surévalués de 50% à 60%, tandis que les commissions sont comprises entre 10% et 20% de la valeur des contrats", a-t-elle par exemple relevé.
Parallèlement, les juges ont au total ordonné la saisie de 226 millions d'euros auprès de personnes reconnues coupables de corruption en 2016, a-t-elle indiqué.
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Roumanie : la lutte anticorruption, dure bataille, selon les autorités
AFP / le 23 février 2017 à 14h37


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