Ilka Stuhec a remporté la decente à Saint-Moritz. Denis Balibouze/Reuters
La Slovène Ilka Stuhec, grandissime favorite, a fait respecter la logique en remportant la descente des championnats du monde de ski alpin de Saint-Moritz (Suisse) hier, devant la surprenante Autrichienne Stephanie Venier et une autre favorite, l'Américaine Lindsey Vonn, 3e. Stuhec, qui avait réalisé le meilleur temps des deux entraînements, succède à sa compatriote Tina Maze, couronnée il y a deux ans à Beaver Creek (Colorado), et depuis lors retraitée.
Leader du classement général de la Coupe du monde de la catégorie, vainqueur de trois descentes cette saison, Stuhec l'a emporté en 1 min 32 sec 85/100es, avec 40/100es d'avance sur Venier et 45/100es sur Vonn. « Je savais que c'était possible, a commenté la Slovène. Mais me dire que je suis championne du monde est encore irréel ! Les mots ne peuvent pas exprimer ce que cela signifie pour moi », a-t-elle ajouté.
Pour Lindsey Vonn, « c'est grandiose. J'ai dû lutter contre les blessures au cours des dernières années et être capable de revenir ici et de remporter le bronze, c'est énorme. Pour moi, ce bronze a valeur d'or », a ajouté l'Américaine, de retour d'une longue absence sur blessure, qui aurait cependant « aimé pouvoir skier un peu plus vite ».
L'Italienne Sofia Goggia, longtemps en course pour le podium, a terminé à la 4e place, à 7/100es de Vonn après avoir commis une faute dans la seconde partie.
À 26 ans, Stuhec décroche son premier titre mondial et se reprend ainsi parfaitement de sa déception du combiné vendredi. Deuxième temps de la manche de descente, elle avait abandonné dès l'entame de la manche de slalom, laissant la victoire à la Suissesse Wendy Holdener.
« Ça fait très mal... »
La descente de Saint-Moritz, disputée sous un magnifique soleil après le brouillard de la veille qui avait contraint au report (à dimanche) de la descente hommes, s'est déroulée sans l'une des grandes favorites, Lara Gut. La Suissesse, 3e du super-g, s'est blessée à un genou vendredi entre les deux manches du combiné et est forfait pour le reste de la saison. À 23 ans, Stephanie Venier, pas la plus attendue des Autrichiennes, n'avait connu qu'un seul podium en Coupe du monde, une 2e place en super-g en janvier dernier à Garmisch-Partenkrichen (Allemagne). En 2013, la skieuse du Tyrol était devenue championne du monde juniors de super-g et déjà vice-championne en descente.
De son côté, Vonn, avec une 7e médaille dans sa carrière, devient la skieuse américaine la plus médaillée aux Mondiaux, rejoignant son homologue Ted Ligety, absent cette année sur blessure. Vonn avait remporté deux titres en 2009 à Val-d'Isère en descente et super-g. Elle est cependant encore à distance de Ligety qui a cumulé cinq titres mondiaux et de Bode Miller (quatre). La skieuse de Vail, ex-petite amie du golfeur Tiger Woods, est également devenue hier la médaillée la plus âgée de l'histoire des Mondiaux, à 32 ans et 117 jours, un record jusque-là détenu par l'Autrichienne Anita Wachter, en bronze en slalom géant en 1999 (à Vail) à l'âge de 31 ans et 364 jours.
Longtemps absente après une blessure au genou puis une fracture du bras, Vonn a remporté fin janvier la descente de Garmisch, son 77e succès en Coupe du monde (un record chez les dames), pour sa deuxième course seulement après son retour. L'Italienne Sofia Goggia est la grande perdante de cette descente et de ces Mondiaux, terminant au pied du podium sur une faute quand ses skis se sont croisés. Elle a évité la chute de justesse mais a perdu de précieux dixièmes. « Terminer 4e aux Mondiaux, ça ne sert à rien. C'est difficile d'accepter cette faute que je commets parce que j'étais plutôt rapide avant cela. Ça fait très mal », dit-elle. Goggia est poursuivie par la poisse depuis le début des Mondiaux. Meilleur temps de la descente du combiné, elle avait chuté dès l'entame de la manche de slalom, voyant s'envoler tous ses espoirs.
(Source : AFP)

