Le député Boutros Harb. Photo ANI
Le député Boutros Harb a mis en garde samedi contre la possibilité de l'effondrement du système politique libanais si une nouvelle loi électorale n'est pas mise en place bientôt.
« Nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins. Soit nous arrivons à une solution et nous nous mettons d'accord sur une nouvelle loi électorale, soit nous nous dirigeons vers une crise politique profonde qui pourrait menacer d'effondrement le système politique libanais », a dit le député de Batroun, dans une interview à la radio Voix du Liban.
M. Harb s'est par ailleurs posé plusieurs questions par rapport à la loi basée sur la proportionnelle, présentée par certains comme étant la plus à même d'assurer une bonne représentativité de toutes les composantes de la scène politique libanaise. « Certains des groupes politiques craignent pour leur rôle ou leur présence. Les druzes, par exemple, considèrent que le mode de scrutin à la proportionnelle menace la structure de leur communauté et pourrait lui faire perdre son rôle politique. D'où la question de savoir si cette loi va être adoptée malgré l'opposition de la communauté druze. Cette nouvelle loi va-t-elle assurer une bonne représentativité de la majorité et de la minorité ou bien va-t-elle permettre la mainmise totale de la majorité actuelle face à tous ceux qui sont indépendants ou minoritaires? », s'est demandé M. Harb.
« Au sein d'une seule et même communauté, chez les chrétiens par exemple, peut-être que ce qui est demandé, c'est d'écarter la minorité chrétienne pour laisser la place au rouleau compresseur des alliances partisanes. Il en va de même chez les musulmans et c'est une chose avec laquelle je ne suis pas d'accord », a-t-il dit, avant d'ajouter : « L'accord de Taëf n'a pas mentionné la proportionnelle. Il a tout simplement évoqué une nouvelle loi électorale qui garantirait une bonne représentation de chaque communauté. »
Interrogé sur sa position par rapport à la déclaration la semaine dernière du président de la République, Michel Aoun, qui disait préférer le vide parlementaire à la prorogation du mandat du Parlement actuel, Boutros Harb a exprimé l'espoir que cette position a été émise « pour exercer une pression et inciter les forces politiques à déployer plus d'efforts en faveur d'un consensus ».


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