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Moyen Orient et Monde - Conflit

Washington réfrène un peu les ardeurs d’Israël sur la colonisation

Les Palestiniens dénoncent un communiqué qui autorise à construire à l'intérieur des colonies existantes.

À l’est de Jérusalem, la colonie de Maale Adumim, hier. Ahmad Gharabli/AFP

Après une rafale d'annonces sur la colonisation, Israël s'est entendu signifier par la nouvelle administration Trump que tout n'était pas permis et qu'elle préservait ses options pour l'insaisissable paix israélo-palestinienne.
« La construction de nouvelles colonies ou l'expansion de celles existantes au-delà de leurs frontières actuelles pourrait ne pas aider à atteindre (l')objectif » de la paix, a ainsi dit la Maison-Blanche après avoir laissé faire pendant deux semaines. Tout en soulignant que l'administration Trump « n'a pas pris de position officielle sur les activités de colonisation », le porte-parole de la Maison-Blanche a souligné que Washington ne considérait pas l'existence de colonies comme un obstacle à la paix.
Danny Danon, ambassadeur israélien à l'ONU, a salué ces derniers mots comme une rupture avec l'administration Obama. Pour le reste, il n'a pas vu de « revirement » de la part de l'administration Trump. « Le communiqué est très clair et signifie en substance : attendez la rencontre avec le Premier ministre (...) à ce moment-là nous déterminerons notre politique », a-t-il dit à la radio publique. Il a paru laisser entendre que le gouvernement pourrait tempérer ses ardeurs jusqu'au 15 février.
Depuis le 20 janvier, Israël a procédé à cinq annonces de colonisation portant sur plus de 6 000 logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupées. Mercredi, il a annoncé son intention de construire ce qui serait, selon l'organisation anticolonisation La Paix maintenant, la première colonie nouvelle impulsée par un gouvernement israélien depuis 1992. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ouvertement présenté l'arrivée de M. Trump au pouvoir comme une « chance formidable » après huit années de « pressions énormes » de l'administration Obama au sujet de l'Iran et des colonies.

« Flou et inacceptable »
Pour Shmuel Rosner, expert des relations entre les deux pays, la salve de décisions israéliennes était dictée par un contexte. M. Netanyahu faisait face à la surenchère de sa droite, stimulée non seulement par la présidence Trump, mais par un ordre de la justice intimant au Premier ministre de démolir une colonie dite « sauvage ». L'évacuation de cette colonie, Amona, a causé un psychodrame israélien cette semaine. La Maison-Blanche a fait savoir à M. Netanyahu qu'il était allé assez loin et qu'il ne devait pas préempter la politique de M. Trump, un homme qui rêve de résoudre le conflit sur lequel tous les autres se sont cassé les dents, a dit M. Rosner. La Maison-Blanche « a signifié clairement à Israël qu'il ne devait pas surestimer la bonne volonté de l'administration Trump et partir du principe qu'il n'y avait pas de limite », a-t-il ajouté.
Les Palestiniens, eux, s'alarment. Hanane Achraoui, membre de la direction palestinienne, a dénoncé un communiqué « flou et inacceptable » qui autorise les Israéliens à construire à l'intérieur des colonies existantes. « Cela va à l'encontre de cinquante années de politique claire des États-Unis », a indiqué un officiel palestinien sous le couvert de l'anonymat, « quiconque prétend que les colonies ne sont pas un obstacle à la paix se sert de faits alternatifs, ou bien ignore complètement la réalité de la colonisation et de l'occupation israéliennes ».
La colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967 et plus de 600 000 colons israéliens vivent une coexistence souvent conflictuelle avec environ trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

(Source : AFP)

Après une rafale d'annonces sur la colonisation, Israël s'est entendu signifier par la nouvelle administration Trump que tout n'était pas permis et qu'elle préservait ses options pour l'insaisissable paix israélo-palestinienne.« La construction de nouvelles colonies ou l'expansion de celles existantes au-delà de leurs frontières actuelles pourrait ne pas aider à atteindre (l')objectif » de la paix, a ainsi dit la Maison-Blanche après avoir laissé faire pendant deux semaines. Tout en soulignant que l'administration Trump « n'a pas pris de position officielle sur les activités de colonisation », le porte-parole de la Maison-Blanche a souligné que Washington ne considérait pas l'existence de colonies comme un obstacle à la paix.Danny Danon, ambassadeur israélien à l'ONU, a salué ces derniers mots comme une rupture...
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