Un convoi de rebelles syriens aux environs de la ville d’al-Bab aux mains de l’État islamique. Khalil Ashawi/Reuters
La Turquie et l'opposition syrienne ont rejeté hier toute discussion sur une nouvelle Constitution ou sur le découpage administratif de la Syrie dans le cadre des pourparlers destinés à mettre fin au conflit, selon un haut responsable turc. Cette position a été arrêtée lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Ankara à laquelle ont participé le numéro deux de la diplomatie turque, Ümit Yalçin, et des représentants des principaux groupes de l'opposition armée et politique syrienne, selon la même source. Les participants ont estimé que « soulever le sujet du futur système administratif syrien à ce stade, et par extension tenter de démarrer une discussion sur une nouvelle Constitution, l'autonomie ou le fédéralisme (...) risque de servir la cause de ceux qui poursuivent un programme unilatéral », a affirmé le responsable turc.
Cette position semble refléter celle exprimée à plusieurs reprises par Ankara qui craint une division de la Syrie en fédérations, un système susceptible de donner lieu à une entité autonome kurde aux portes de la Turquie. Parmi les responsables de l'opposition syrienne qui ont participé à la réunion d'Ankara figurent notamment Riad Hijab, coordinateur du Haut Comité pour les négociations (HCN), et le chef de la Coalition nationale syrienne (CNS) Anas al-Abdeh. Lors de pourparlers menés le mois dernier à Astana, au Kazakhstan, la Russie avait transmis un projet de Constitution pour la Syrie aux rebelles, mais ceux-ci avaient affirmé ne pas vouloir en discuter. Une nouvelle phase de pourparlers doit démarrer à Genève le 20 février, sous l'égide de l'ONU. Mais le responsable turc a précisé que les groupes qui agissent « au détriment de l'intégrité territoriale de la Syrie » n'y auraient pas leur place.
Pas d'eau à Raqqa
Sur le terrain, l'ambassade de Russie à Damas a de nouveau été visée par des tirs d'obus jeudi et hier, a annoncé la diplomatie russe, dénonçant une attaque « lâche » des « terroristes ». L'un des obus a explosé sur le territoire de l'ambassade entre un bâtiment administratif et un immeuble d'habitation, et l'autre à 20 mètres de l'entrée principale de la mission diplomatique russe, selon la même source. Les tirs « n'ont pas fait de victimes, mais ont infligé un préjudice matériel », précise le communiqué.
Par ailleurs, l'eau alimentant la ville de Raqqa, principal bastion du groupe État islamique (EI) en Syrie, a été coupée après des frappes aériennes présumées de la coalition antijihadistes sur la principale conduite d'eau, ont rapporté hier une ONG et des militants. « À la suite de frappes de la coalition (dirigée par Washington), la ligne d'approvisionnement a été coupée et toute la ville de Raqqa est privée d'eau », a indiqué Hammoud al-Moussa, membre du collectif anti-EI Raqqa is Being Slaughtered Silently (Raqqa est massacrée en silence).
Enfin, l'armée turque a annoncé hier avoir « neutralisé » 47 combattants de l'EI lors de raids aériens et de combats terrestres au cours des dernières 24 heures à al-Bab, dans le nord de la Syrie. Des appareils de l'armée de l'air turque et de la coalition anti-EI sous commandement américain ont mené des frappes aériennes près de cette ville tenue par le groupe jihadiste et assiégée depuis près de deux mois par des rebelles appuyés par Ankara. Des bâtiments et postes de défense ont été détruits, ainsi qu'un dépôt de munitions.
(Sources : agences)

