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Moyen Orient et Monde

En pleine discorde sur le mur, Pena Nieto annule sa visite à Washington

Diplomatie

Invoquant le « terrorisme » dans un monde devenu un « foutoir complet », Trump pourrait signer, cette fin de semaine, un décret qui bloquerait l'arrivée en Amérique de ressortissants de sept pays musulmans.

OLJ
27/01/2017

La tension est encore montée d'un cran hier entre le président mexicain Enrique Pena Nieto et son homologue américain Donald Trump, avec l'annulation de la visite de M. Pena Nieto à Washington en pleine discorde sur le mur à la frontière et le traité Alena. « Ce matin, j'ai informé la Maison-Blanche que je n'assisterai pas à la réunion de travail programmée mardi prochain avec @Potus », a écrit M. Pena Nieto dans un message sur Twitter. Une réponse au tweet cinglant du président Trump à cinq jours d'une rencontre prévue entre les deux dirigeants à la Maison-Blanche : « Si le Mexique n'est pas prêt à payer le mur, qui est vraiment nécessaire, ce serait mieux d'annuler la rencontre à venir. »
M. Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi, largement symbolique à ce stade, à ce projet de construction d'un mur le long de l'immense frontière entre les États-Unis et le Mexique, sa promesse de campagne la plus emblématique. M. Pena Nieto avait condamné la veille la décision des États-Unis de continuer la construction du mur qui, depuis des années, « au lieu de nous unir, nous divise ».
Réagissant à la décision du président mexicain, Donald Trump a estimé qu'une rencontre avec Enrique Pena Nieto aurait été « stérile » étant donné les désaccords entre les deux pays.
« Nous chercherons une autre date pour organiser quelque chose à l'avenir. Nous allons maintenir les lignes de communication ouvertes », a tempéré le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, après l'annonce de l'annulation de la visite du président mexicain. Le président Trump envisage de financer la construction du mur en imposant une taxe de 20 % sur tous les produits venus du Mexique, a néanmoins ajouté M. Spicer. « En faisant cela, nous pouvons récolter 10 milliards de dollars par an et facilement payer pour le mur grâce à ce seul mécanisme », a-t-il ajouté.
« Le Mexique réitère sa volonté de travailler avec les États-Unis pour parvenir à des accords bénéfiques pour les deux nations », a de son côté écrit M. Pena Nieto dans un autre message sur Twitter. Car les deux pays doivent également discuter du traité de libre-échange Alena signé entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. Un sujet également au cœur des tensions entre Washington et Mexico depuis que M. Trump a menacé, la semaine dernière, de quitter les négociations s'il n'obtenait pas un « accord équitable ».

Les bienvenus à Chicago
Concernant l'immigration que M. Trump a promis de combattre, le président américain a déjà signé un autre décret mercredi pour appliquer plus sévèrement la législation. Il prévoit de réduire les financements fédéraux de Washington pour les quelque 200 « villes sanctuaires » aux États-Unis qui accueillent, depuis des décennies, des immigrés clandestins.
De quoi s'attirer les foudres des maires démocrates de Los Angeles, New York ou Chicago. Celui de cette dernière ville, Rahm Emanuel, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous Barack Obama, a lancé : « Que vous soyez de Pologne, du Pakistan, d'Inde, d'Irlande, d'Israël, du Mexique ou de Moldavie, vous êtes les bienvenus à Chicago ! » Et à Manhattan, plus d'un millier de personnes ont manifesté mercredi soir pour dénoncer les mesures anti-immigration en scandant : « Pas d'interdiction ! Pas de mur ! New York est à tout le monde ! »
M. Trump, qui a invoqué le « terrorisme » dans un monde devenu un « foutoir complet », pourrait aussi signer un autre décret, cette fin de semaine, qui bloquerait pendant un mois l'arrivée en Amérique de ressortissants de sept pays musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Ce projet de décret présidentiel, que le quotidien Washington Post a publié mercredi, est intitulé « Protéger la nation contre les attaques terroristes par des étrangers » et prévoit également l'arrêt complet, pendant quatre mois, du programme américain d'admission de réfugiés de pays en guerre. Les Syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays et dont seulement 10 000 ont été acceptés aux États-Unis en 2016, seraient, eux, définitivement interdits d'entrer. L'administration de Barack Obama s'était donné l'objectif de plus de 100 000 réfugiés acceptés cette année. L'administration Trump en viserait dorénavant seulement 50 000, toutes nationalités confondues.

Un monde en colère
Élu sur des slogans de campagne isolationnistes et de lutte contre le « terrorisme islamique radical », le nouvel occupant de la Maison-Blanche a défendu ces mesures, affirmant mercredi soir sur la chaîne ABC qu'il fallait agir dans « un monde en colère ». « Ce n'est pas une interdiction contre les musulmans, mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme », a affirmé le milliardaire.
En attendant, Donald Trump a soulevé la colère des groupes de défense des droits de l'homme. « Tourner le dos à des réfugiés vulnérables ne va pas protéger les États-Unis », a condamné l'ancien patron du Centre national du contre-terrorisme, Michael Olsen, aujourd'hui membre de l'association Human Rights First. Au contraire, « cela va nourrir le récit mensonger de l'organisation jihadiste État islamique pour qui nous sommes en guerre contre les musulmans, et non contre les groupes terroristes », a-t-il tonné. Enfin, aux yeux de Ryan Crocker, ancien ambassadeur américain en Irak et en Syrie, « interdire l'admission de réfugiés syriens va à l'encontre des valeurs de l'Amérique et sape son leadership ».
(Source : AFP)

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PAUL TRONC

Et jubeyerrrr dit que la politique de Trump est impressionnante avec les nominations qu'il a faite ...hahahaha...

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