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Huit ans à la Maison Blanche : le bilan d'Obama

La conversion d’Obama en faveur du mariage pour tous

Bilan d’Obama - Société

Retour sur l'un des moments forts des mandats du président sortant : la légalisation du mariage gay dans la totalité des cinquante États.

Julie KEBBI | OLJ
20/01/2017

« C'est une victoire pour les couples gays et lesbiens qui se sont longtemps battus pour leurs droits fondamentaux (...), cette décision est une victoire pour les États-Unis », déclare le président Barack Obama lors de son discours du 26 juin 2015 à la roseraie d'une Maison-Blanche aux couleurs de l'arc-en-ciel. Ce jour-là, la Cour suprême légalise le mariage homosexuel dans l'ensemble des cinquante États américains, en vertu du 14e amendement de la Constitution des États-Unis.

Dans un pays connu pour ses mœurs conservatrices, le mariage homosexuel divise les Américains. M. Obama lui-même n'a pas toujours tenu le même discours. « Le mariage est entre un homme et une femme », dit-il lors d'une interview accordée à la chaîne MTV le 2 novembre 2008, deux jours avant son élection présidentielle. Le candidat démocrate se dit alors favorable aux partenariats domestiques et aux unions civiles, mais considère que le terme « mariage » porte une connotation trop religieuse, qui pourrait heurter une partie de l'électorat américain.

À son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama commence doucement à modérer ses propos sur le sujet. Il encourage le Sénat à voter l'abolition de la doctrine « Don't ask, don't tell » (« ne demandez pas, n'en parlez pas »). Cette loi datant de 1993 interdisait à toute personne homosexuelle de s'engager dans l'armée américaine si elle révélait son orientation sexuelle. Le 44e président des États-Unis reste toutefois indécis sur le mariage gay. « Mes sentiments à ce sujet évoluent constamment », dit-il lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche en décembre 2010.

Encouragé par ses proches, il prend clairement position deux ans plus tard. « J'ai conclu que pour moi, personnellement, il est important d'aller de l'avant et d'affirmer que je pense que les couples de même sexe devraient pouvoir se marier », affirme-t-il le 9 mai 2012, lors d'un entretien avec la journaliste Robin Roberts de la chaîne ABC. Pari réussi pour l'élection de 2012. En plus des minorités ethniques, le premier président noir de l'histoire des États-Unis capte l'électorat des moins de 31 ans (en faveur du mariage gay à 64 %). Près de 5 % des votes en faveur d'Obama proviendront de la communauté LGBT, selon Greenberg Quinlan Rosner Research.

 

 

Avenir incertain
Son discours lors de sa seconde investiture le 20 janvier 2013 à Washington D.C. marque un moment historique : « Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos frères et sœurs homosexuels ne seront pas traités comme tout le monde par la loi. » En 2014, 50 % des Américains sont en faveur du mariage homosexuel, d'après le Pew Research Center. Le vœu du président est exaucé le 26 juin 2015, date-clé de son second mandat, lors de la légalisation du mariage gay sur l'ensemble du territoire américain. La décision est applaudie par de nombreuses personnalités politiques. En revanche, elle provoque un tollé du côté de l'électorat conservateur du Parti républicain. Ces derniers estiment que la Cour suprême est sortie de ses plates-bandes en ignorant une partie de l'opinion publique contre le mariage gay. Près de 63 % des républicains se disent encore aujourd'hui contre le mariage homosexuel, selon un sondage mené par Reuters/Ipsos en juillet 2016.

L'accession du républicain Donald Trump le 20 janvier 2017 à la Maison-Blanche pourrait-elle remettre en cause cette décision ? Interrogé à ce propos, il affirmait lors d'une interview avec CBS pour l'émission 60 minutes, le 13 novembre 2016 : « C'est la loi (...), cela me convient. » Son colistier, le vice-président Mike Pence, est pour sa part fermement opposé à chaque proposition accordant plus de droits à la communauté LGBT. « L'effondrement de la société a toujours été provoqué suite à l'avènement de la détérioration du mariage et de la famille », lançait-il lors d'un speech en 2006 devant une centaine de républicains. Devenue un « droit fondamental » dans la Constitution, la loi sur le mariage gay ne semble pas en danger. L'avenir des droits des personnes LGBT dans d'autres domaines est néanmoins incertain. Le président élu devra nommer un nouveau juriste, à vie, pour combler le poste vacant à la Cour suprême. Cette décision cruciale pourrait renverser les rapports de force au profit des conservateurs à l'avenir.

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