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Liban - Citoyen Grognon

Internaute exaspéré

Pourquoi ce tintamarre de l'État sur ce qui a été baptisé l'internet illégal ? À en faire sourire le citoyen d'ironie, lui qui n'a cessé d'exprimer son exaspération, voire son impatience sur le mauvais développement du secteur des télécoms !

Impuissant à satisfaire les besoins de ses ouailles en matière de connexion internet, l'État libanais s'est perdu en désinformation et attaques ciblées, pour lancer au final la vague promesse d'une connexion prochaine par fibre optique à très haut débit pour tous. Sans dire le comment du pourquoi.

Mais le citoyen persiste et signe. La connexion est d'une lenteur telle qu'il est contraint de redoubler d'ingéniosité pour envoyer un mail. Chatter avec ses proches à l'étranger se révèle être à chaque fois un exercice de haute voltige. Si par malheur il doit effectuer un téléchargement, même de quelques mégabits, c'est le parcours du combattant : après plusieurs tentatives infructueuses, il doit attendre la nuit, lorsque tout le monde est couché, pour y parvenir. Le pire est que cette connexion désastreuse lui coûte une petite fortune tous les mois, vu le monopole d'État en matière de distribution et de tarifs. Dans cet état des lieux, la débrouille est le seul recours du citoyen internaute. Normal, non ? La nature a horreur du vide. Aristote l'a observé bien avant notre siècle.

S'est alors créé au fil des années et depuis le début de l'ère internet un réseau parallèle qui fait l'affaire de tous : d'un État démissionnaire, miné par ses tiraillements communautaires, incapable d'assurer les minima requis pour une connexion satisfaisante ; du citoyen internaute, soucieux de surfer en toute liberté, las de quémander en vain ; mais aussi et surtout de revendeurs habiles et bien protégés, qui ont réussi à véhiculer de la bande passante depuis Chypre pour la revendre au consommateur à des tarifs défiant toute concurrence. Même les fournisseurs agréés, certains du moins et non des moindres, se sont mis de la partie, histoire de ne pas rater le coche. Sans parler des différentes milices et parties politiques, libres d'exercer chacune dans sa zone d'influence. Le pays du Cèdre est truffé de zones de non-droit. C'est de notoriété publique!

Pourquoi donc tout ce chahut autour du réseau parallèle d'internet ?
Trop faciles, les explications floues sur l'existence d'un supposé réseau d'espionnage, alors que la justice peine à y voir clair. L'État avait-il sous-estimé l'importance du manque à gagner dans cette affaire? Il s'est pourtant bien accommodé, sans jamais sourciller, des réseaux parallèles, limite mafieux, d'électricité et d'eau, pour ne citer que ces secteurs, vu son incapacité à fournir ces deux services vitaux à tous les citoyens.
Quoi qu'il en soit, le réseau illégal d'internet a réalisé un exploit. Celui de briser le monopole d'État et d'obliger les autorités à développer le secteur. Le citoyen internaute, lui, ne reverra pas ses revendications à la baisse. Ce qu'il réclame urgemment, c'est une connexion internet à très haut débit, rapide donc, de bonne qualité et abordable. Point barre. Non par caprice, mais par nécessité professionnelle, économique, éducative et sociale. Pour que le Liban continue de s'ouvrir au monde.

L'État doit désormais suivre. À lui de mettre en place, et le plus rapidement possible, les lois et l'infrastructure nécessaires dans ce sens. Il n'a plus d'autre choix.

Pourquoi ce tintamarre de l'État sur ce qui a été baptisé l'internet illégal ? À en faire sourire le citoyen d'ironie, lui qui n'a cessé d'exprimer son exaspération, voire son impatience sur le mauvais développement du secteur des télécoms !
Impuissant à satisfaire les besoins de ses ouailles en matière de connexion internet, l'État libanais s'est perdu en désinformation et attaques ciblées, pour lancer au final la vague promesse d'une connexion prochaine par fibre optique à très haut débit pour tous. Sans dire le comment du pourquoi.
Mais le citoyen persiste et signe. La connexion est d'une lenteur telle qu'il est contraint de redoubler d'ingéniosité pour envoyer un mail. Chatter avec ses proches à l'étranger se révèle être à chaque fois un exercice de haute voltige. Si par malheur il doit effectuer un...
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