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Moyen Orient et Monde - Négociations

La réunification de Chypre est « proche », mais nécessitera de la « patience »

Les dirigeants des parties grecque et turque ont échangé des cartes sur leur vision d'un futur État fédéral, mais n'ont pas encore trouvé d'accord.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterrès, entouré du dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci (gauche) et du président chypriote grec Nicos Anastasiadès (droite), hier à Genève. Philippe Desmazes/AFP

Un accord sur la réunification de Chypre, divisée depuis 42 ans, est « proche », mais il faut faire preuve de « patience », a déclaré hier à Genève le nouveau secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterrès, en ouvrant une conférence consacrée à l'une des plus vieilles crises au monde.
Pour son premier déplacement à l'étranger depuis qu'il a succédé le 1er janvier à Ban Ki-moon, M. Guterrès a souhaité apporter son soutien aux pourparlers de paix engagés depuis mai 2015. « Je veux rendre hommage au courage et à la détermination » du président chypriote grec Nicos Anastasiadès et du dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Palais des Nations, siège européen de l'ONU. « Nous sommes très proches d'un règlement », a-t-il estimé, tout en appelant à la patience. « Vous ne pouvez pas attendre des miracles (...)
Il va falloir être patient. Nous ne cherchons pas un bricolage rapide, nous cherchons une solution solide et durable pour Chypre », a-t-il dit. « Il y a encore du chemin à parcourir, du travail à faire », a reconnu M. Guterrès. Il a indiqué que les travaux de la conférence allaient reprendre hier dans la soirée, mais n'a pas dit s'ils se poursuivraient aujourd'hui.
La conférence, qualifiée d'« historique » car inédite dans son format multilatéral, est chargée de discuter uniquement des garanties de sécurité de la future fédération de Chypre, avec les « garants » actuels : Grèce, Turquie et Grande-Bretagne, ex-puissance coloniale. Les ministres des Affaires étrangères grec Nikos Kotzias, turc Mevlut Cavusoglu et britannique Boris Johnson sont venus y participer à Genève, ainsi que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, car la République de Chypre (partie sud) est membre de l'Union européenne depuis 2004. Les Chypriotes turcs habitent eux dans la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara.

Premier échange de cartes
Les dirigeants des communautés chypriotes turque et grecque ont négocié âprement depuis lundi, sous l'égide de l'ONU, mais la solution consistant à créer un État fédéral semble encore loin. Les « questions intérieures », telles que le découpage territorial entre les deux communautés, la restitution des propriétés spoliées ou le partage de la gouvernance, restent du ressort des négociations intrachypriotes supervisées par le médiateur de l'ONU, le Norvégien Espen Barth Eide.
Mercredi soir, le président chypriote grec Nicos Anastasiadès et le dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci ont pour la première fois échangé des cartes sur leur vision du futur État fédéré.
Bien que largement minoritaires, les Chypriotes turcs contrôlent actuellement 37 % de l'île. Selon les médias chypriotes, la partie grecque serait disposée à leur accorder 28,2 % du futur État, alors que la partie turque en réclamerait 29,2 %. Selon le porte-parole du gouvernement chypriote grec, Nikos Christodoulidès, la carte présentée par la partie turque respecte la limite des 29,2 %. « Mais il y a des parties et des aspects qui ne nous satisfont pas, en d'autres termes, ce n'est pas satisfaisant en tant que résultat final », a-t-il dit.

Présence militaire
Dans la perspective d'un futur État fédéral, l'ONU et les pays garants doivent apporter des assurances en matière de sécurité. Le président chypriote grec, soutenu par Athènes, réclame le départ des quelque 30 000 soldats turcs stationnés dans la partie nord de l'île, mais le dirigeant chypriote turc, appuyé par Ankara, souhaite leur maintien pour protéger sa communauté. Parlant à la presse, le ministre grec des Affaires étrangères a réaffirmé que la Grèce voulait la fin du régime des garanties et « le départ de l'armée » turque. « Une équipe internationale sous la tutelle de l'ONU pourrait veiller à la mise en œuvre » de ce départ, a dit M. Kotzias. Il s'est par ailleurs félicité des « bonnes discussions dans un climat positif » et a indiqué qu'une « équipe d'experts » allait être chargée de « préparer une réunion des ministres des Affaires étrangères le 23 janvier ».
La Grande-Bretagne, ex-puissance coloniale, possède également des bases militaires dans la partie sud de l'île. Londres a offert de restituer 49 % (117 km2) du territoire occupé par ses bases en cas de règlement de la crise.
L'île méditerranéenne est divisée depuis l'échec d'un coup d'État visant à rattacher Chypre à « la Grèce des colonels » en 1974 et l'invasion de l'armée turque au Nord. Depuis cette crise, des Casques bleus de l'ONU contrôlent la « ligne verte », une zone- tampon démilitarisée séparant les deux communautés.

(Source : AFP)

Un accord sur la réunification de Chypre, divisée depuis 42 ans, est « proche », mais il faut faire preuve de « patience », a déclaré hier à Genève le nouveau secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterrès, en ouvrant une conférence consacrée à l'une des plus vieilles crises au monde.Pour son premier déplacement à l'étranger depuis qu'il a succédé le 1er janvier à Ban Ki-moon, M. Guterrès a souhaité apporter son soutien aux pourparlers de paix engagés depuis mai 2015. « Je veux rendre hommage au courage et à la détermination » du président chypriote grec Nicos Anastasiadès et du dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Palais des Nations, siège européen de l'ONU. « Nous sommes très proches d'un règlement », a-t-il estimé, tout en appelant...
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