Des combattants de l’Armée syrienne libre hier à Dael, dans le gouvernorat de Deraa. Alaa al-Faqir/Reuters
La trêve en Syrie apparaissait hier plus vacillante que jamais avec la persistance des violences et le gel par une dizaine de groupes rebelles de leur participation aux préparatifs de nouvelles négociations de paix. C'est la Russie, alliée du régime, et la Turquie, soutien des rebelles, qui ont parrainé l'accord ayant permis l'entrée en vigueur le 30 décembre d'une trêve entre insurgés et régime, en vue de la tenue en janvier de négociations à Astana, au Kazakhstan.
Depuis, les violences ont cessé dans la plupart des régions, mais les combats ont continué dans la localité rebelle de Wadi Barada (voir par ailleurs), un secteur-clé où se trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d'habitants de Damas et de ses environs.
Ailleurs dans le pays, et en violation de la trêve, des raids ont visé Khan Cheikhoun dans la province d'Idleb en bonne partie contrôlée par les rebelles, où une femme enceinte a été tuée, et les rebelles ont tiré sur des villages de la province centrale de Hama, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Pour le directeur de cette ONG, Rami Abdel Rahmane, la trêve est désormais dans une « phase critique » et risque de « s'effondrer » totalement si la Russie, désormais en première ligne sur le dossier syrien, et la Turquie n'interviennent pas pour la sauver. Comme lors des précédentes trêves, qui avaient volé en éclats après quelques jours, les groupes jihadistes Fateh al-Cham et État islamique en sont exclus.
Mais l'alliance de nombreux groupes rebelles avec Fateh al-Cham rend très difficile l'application du cessez-le-feu. Très affaiblis, ces groupes rebelles ne veulent pas se distancier de cette organisation qui reste un pilier dans la bataille contre le régime. Et dans la plupart des régions sous leur contrôle, ils sont alliés à Fateh al-Cham. Ce groupe de même que l'EI restent la cible en Syrie notamment des aviations de la coalition internationale dirigée par les États-Unis et de celle de la Russie.
Hier soir, au moins 25 membres de Fateh al-Cham, dont plusieurs chefs, ont été tués dans un raid visant une réunion au siège du groupe dans la région de Sarmada dans la province d'Idleb, a indiqué l'OSDH sans pouvoir déterminer l'origine de la frappe. Mais Fateh al-Cham a accusé dans un communiqué la coalition internationale, évoquant « plus de 20 morts » dans le raid.De son côté, l'état-major turc a annoncé hier que 18 « terroristes de Daech » (acronyme arabe de l'EI) avaient été tués lundi dans des combats et bombardements à al-Bab.
À ce sujet, le département américain de la Défense a annoncé hier que des avions de la coalition internationale avaient apporté la semaine dernière un appui aux forces turques engagées contre l'EI dans ce secteur du nord de la Syrie. Ces appareils, a précisé Peter Cook, porte-parole du Pentagone, n'ont pas ouvert le feu. Il s'agissait d'« une démonstration de force visible », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, Ankara avait demandé à la coalition internationale sous commandement américain de fournir un appui aérien aux rebelles syriens que les forces turques soutiennent dans le nord de la syrie depuis le déclenchement, cet été, de l'opération « Bouclier de l'Euphrate ».
Situé au nord-est d'Alep en direction de la frontière turque, al-Bab, fief des jihadistes de l'EI dans ce secteur, est assiégé depuis des semaines. Mais les États-Unis avaient marqué des réticences à participer aux opérations jusqu'à présent, même si les survols de jeudi dernier n'ont pas conduit à des frappes.
L'armée turque a annoncé vendredi que l'aviation russe en revanche avait bombardé des positions de l'EI près de la ville.
(Sources : agences)


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