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Yasmina Bocti : Mon rêve ? Participer un jour aux Jeux olympiques

Hippisme - Interview

Début décembre, la jeune écuyère prodige Yasmina Bocti a réalisé un grand et bel exploit : elle a remporté haut la main le Grand Prix du Longines Masters de Paris, à seulement quatorze ans, devant des cavaliers bien plus expérimentés.

Joe MEZHER | OLJ
29/12/2016 | 00h00

Dans le manège du hippisme libanais, Yasmina Bocti n'est plus à présenter. En effet, cette jeune cavalière prodige – âgée de 14 ans seulement – accumule les victoires et les trophées, et possède un palmarès digne des plus grands champions. En cette année 2016, elle a remporté le championnat du Liban catégorie enfants, et s'est illustrée lors de la Coupe du Liban (1re en série C et 2e en série E) ainsi que dans la Coupe de l'Indépendance (1re en séries D et C).

Très récemment, début décembre, Yasmina Bocti a encore frappé très fort, toutefois sans s'y être attendue ni l'avoir réellement convoité selon ses propres dires, réussissant un grand exploit : elle a triomphé haut la main au Longines Masters de Paris. Nous avons rencontré la jeune écuyère libano-française pour une interview exclusive à L'Orient-Le Jour.

Cette année, le record du plus grand Mannequin Challenge de France s'est déroulé à Paris, avec plus de sept mille personnes immobiles dans les tribunes du Longines Masters pendant la Pro-Am for Charity, présentée par Hyatt. Mais Yasmina Bocti, qui représentait la France, n'a pas précisément joué dans l'immobilisme. Au contraire, elle a excellé dans la vitesse. La benjamine des sept barragistes, toutes des cavalières, a eu le dernier mot. « Quel bonheur de participer à ce concours extraordinaire, magnifique. Ma jument a été trop géniale ! Elle fait moins la folle quand les barres sont plus hautes », assure notre jeune championne. Il est à noter que Yasmina a déjà du métier : elle était quatrième de cette même épreuve à 1,30 m l'année dernière.
La jeune fille se partage entre la France et le Liban, ce qui demande une certaine organisation. C'est Patrick Caron qui la coache en vue du plus haut niveau, mais elle monte aussi au Liban entre ses séjours mensuels en France. Le tout avec des parents très présents et enthousiastes. « Toute la famille était là pour ce Longines Masters de Paris, souligne son père tout sourire. Nous avons découvert que, pour réussir, il fallait une équipe soudée. »

« En guise de préparation à cet événement majeur, j'ai participé au concours international de Normandie, à Saint-Lo, où je me suis classée 7e sur 62 participants. Cela dit, je suis restée trois mois sans monter mes chevaux en France, qui y sont basés (Donna et Acanthus), confie la jeune fille. L'ambiance au Longines Masters était tout simplement exceptionnelle, dans la mesure où les dix meilleurs étaient présents. Ce n'est pas rien. De plus, la plupart des concurrents sont des professionnels expérimentés », enchaîne-t-elle.

 

(Pour mémoire : Rida, Bocti, Zeidan et Kattouah à l’honneur au club Mont La Salle)

 

Formation rigoureuse
Remarquée pour ses performances, la France l'a prise en charge au début de l'année 2016. Elle a concouru et représenté la France dans le circuit enfants (appelé la Coupe des Nations enfants) – obstacles de 1,30 m. « Lors de l'exercice 2016, j'ai représenté la France qui m'a encadrée pour un meilleur chemin vers l'avenir et m'a appris à monter étape par étape par le biais d'une formation bien plus rigoureuse, précise la cavalière. Après plusieurs victoires, le sélectionneur de l'équipe de France enfants m'a sélectionnée pour la Coupe des Nations (à laquelle ne participent que quatre cavaliers de toute la France), la plus dure compétition d'Europe, nommée aussi Futur champions, à Hagen en Allemagne. » Sachant que participer à la Coupe des Nations est le rêve de tout cavalier.

En Belgique, auparavant, Yasmina Bocti a été 1re au concours Knokke Hippique (obstacles de 1,15 m) sur un cheval prêté, qui lui était donc inconnu avant de le prendre en main au moment du concours. « C'est ma dernière année en classe enfants, poursuit Yasmina Bocti. Au Longines Masters, c'est dans cette classe que j'ai concouru. Il y avait 55 cavaliers au départ, puis 6 cavaliers qualifiés au barrage pour le Grand Prix. Lors du Grand Prix, j'ai été classée 1re sur ma jument Donna en réalisant un double sans-faute. »

 

(Pour mémoire : El-Dana, Bocti, Mocachen, Zeidan et Kattouah se distinguent)

 

S'attendait-elle vraiment à une telle performance ? La réponse fuse, spontanée : « Gagner fut une surprise, je ne m'y attendais pas. J'avais participé pour le plaisir du sport. Mais tout compte fait je vis un vrai rêve... et pourtant ma jument avant d'entrer en piste a été gagnée par la panique, elle est devenue folle. J'ai dû effectuer avec elle des exercices pour la calmer et qu'elle soit enfin sereine. Mais une fois en piste, elle m'a suivie et a tout fait comme je l'avais planifié à l'avance. Finalement, on s'entendait bien elle et moi. »

La jeune championne garde les pieds sur terre et ne renie pas sa chance. « Je ne serais pas arrivée à ce niveau de performances et à réaliser tout cela sans l'appui et l'assistance inconditionnels de mes parents, de mes entraîneurs (Joseph Jabbour, Tony Assaf et Joe Abboud au Liban ; ainsi que Patrick Caron – ex-entraîneur de l'équipe de France – en France), du cavalier Karim Farès qui choisit mes chevaux, de mon école qui m'encourage et me permet même de sécher mes cours pour participer à des compétitions, et enfin de la Fondation Saradar, mon sponsor... je voudrais tous les remercier du fond du cœur », confesse-t-elle.

Après l'étape du Longines Masters, quel sera son prochain défi ? « Mon prochain objectif, assure Yasmina Bocti, est le championnat d'Europe juniors (ma catégorie à partir de 2017) ; la hauteur des obstacles est de 1,40 m, précise-t-elle. En 2017, ce sera une année de préparation et j'espère être compétitive pour 2018. Quant à mon grand rêve, ce serait de participer un jour aux Jeux olympiques », souligne-t-elle enfin. Rendez-vous est donc d'ores et déjà pris...

 

 

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