Libéré du joug d’Ibrahimovic, Edinson Cavani empile les buts avec le PSG depuis le mois d’août dernier et constitue une des rares, sinon la seule satisfaction du club parisien cette saison. Miguel Medina/AFP
Le roi du championnat de France est redevenu un simple prétendant au trône parmi d'autres : le Paris Saint-Germain version Unai Emery a vécu une demi-saison décevante. Et dire que les dirigeants qataris espéraient passer un nouveau cap avec lui...
« On n'est pas au top, mais ce n'est pas catastrophique non plus » : Lucas résume bien la première partie de saison du PSG. La seconde partie de saison dira si l'accident industriel est, ou non, au rendez-vous.
En championnat, le quadruple champion de France en titre est 3e, à seulement cinq points du leader Nice. Tout n'est pas perdu, mais Nice se rêve en Leicester français.
En Europe, 2e de sa poule de Ligue des champions, le PSG s'attend à un 8e de finale très compliqué contre le FC Barcelone (aller le 14 février au Parc des Princes, retour le 8 mars au Camp Nou). Avec 39 points à la trêve, le PSG d'Emery est loin des standards du Paris de Laurent Blanc qui avait bouclé la mi-championnat l'an passé avec 12 unités supplémentaires. Moins hégémoniques dans le jeu et moins réalistes dans les zones de vérité, coupables de grossières fautes individuelles, les Parisiens prêtent le flanc aux critiques comme jamais dans l'ère qatarie, avec déjà quatre défaites en championnat.
La crise n'est pas passée loin
Le carton (5-0) contre Lorient, lanterne rouge du championnat, a certes montré que tout n'est pas à jeter non plus, à l'image d'un Edinson Cavani – l'une des rares satisfactions de ce début de saison – qui marche dans les pas de Zlatan Ibrahimovic, avec 24 buts en 23 matches. Mais gare au trompe-l'œil.
La belle série de cinq victoires de rang en championnat au mois de novembre et les performances convaincantes contre Arsenal (1-1, 2-2) en C1 ont fait croire à l'époque que le technicien basque avait trouvé la bonne formule, après des débuts laborieux (deux défaites contre Monaco 3-1 et Toulouse 2-0, après seulement 7 journées). Mais le mois de décembre catastrophique a tout ruiné. Pis, il a fragilisé la position d'Emery et même ressuscité le spectre de la fameuse crise automnale, tradition pourtant chassée depuis l'arrivée de QSI à l'été 2011.
Balayé par le très irrégulier Montpellier (3-0), puis tenu en échec (2-2) par les inconnus de Ludogorets – alors que la première place de son groupe en C1 lui tendait les bras – et le décomplexé leader Nice (2-2), le PSG a également chuté à Guingamp (2-1).
Mais après Lorient, les joueurs veulent y croire. « Pour moi, il n'y a aucune crise, cela ne sert à rien de tomber dans la panique », veut rassurer Thomas Meunier, la seule recrue estivale convaincante, au milieu des flops Ben Arfa, Jesé et Krychowiak.
Le jugement du Barça
« Tous ensemble, je suis sûr qu'on va faire une 2e partie de saison magnifique », espère Lucas. Mais il saura rapidement s'il a raison. Il y a deux gros rendez-vous cochés dans le calendrier : Monaco et son attaque de feu, le 29 janvier, et donc le 8e de finale aller de Ligue des champions face à l'ogre barcelonais, sacré en 2015. Messi, Suarez et Neymar risquent bien de conditionner la suite de la saison du PSG.
Au vu des dernières confrontations, qui ont à chaque fois tourné à l'avantage de la formation catalane, sortie vainqueur des quarts de finale (saisons 2012-2013 et 2014-2015) et première de la phase de poules (en 2014-2015), le club parisien part en ballottage défavorable. Mais vouloir limiter la casse face au Barça reviendrait à revoir ses ambitions à la baisse, bien loin du projet initial et de l'arrivée d'Emery, censée aider à franchir un cap en Europe. Si Emery voulait de l'intensité, il va être servi en 2017.

