Des enfants jouant dans un quartier repris par le gouvernement, hier, à Alep. AFP
Le président américain Barack Obama a réclamé le déploiement « d'observateurs impartiaux à Alep ravagée par « un assaut sauvage » du régime. « Au moment où nous parlons, le monde est uni dans l'horreur devant l'assaut sauvage mené par le régime syrien et ses alliés russe et iranien sur la ville d'Alep », a déclaré M. Obama, lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche. Faisant état de « signalements sur des exécutions de civils », il a demandé le déploiement d'observateurs impartiaux pour superviser entre autres les évacuations des habitants et des combattants rebelles des dernières poches de la ville encore tenues par les insurgés.Après des années de bombardements et un siège de plus de quatre mois, une offensive particulièrement destructrice lancée mi-novembre a permis à l'armée syrienne et à des milices alliées de reprendre plus de 90 % des quartiers que les rebelles contrôlaient à Alep depuis 2012. Les bombardements incessants du régime ont fait des centaines de morts et poussé plus de 100 000 habitants à fuir. La France a présenté hier un projet de résolution en ce sens au Conseil de sécurité de l'Onu où la Russie, alliée de Damas, s'est montrée sceptique. Un vote pourrait avoir lieu ce week-end, selon l'ambassadrice américaine à l'Onu. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a quant à lui appelé à la reprise des évacuations, estimant qu'Alep est désormais « synonyme d'enfer ».
Suspension de l'opération
Lancée jeudi, l'évacuation devait durer plusieurs jours et, une fois terminée, permettre au régime de proclamer la reprise totale de la deuxième ville de Syrie, enregistrant ainsi sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui dure depuis 2011. Mais le processus a connu un accroc, l'armée syrienne a accusé les rebelles de « ne pas respecter les conditions de l'accord », une source militaire affirmant que les insurgés « ont ouvert le feu et voulu sortir des armes moyennes et prendre des otages ». Les ambulances et les bus censés évacuer d'autres personnes du réduit rebelle ont dû rebrousser chemin, vides.
La représentante de l'Organisation mondiale de la Santé en Syrie (OMS), Elisabeth Hoff, a fait part de son inquiétude. « Il y a encore un grand nombre de femmes et d'enfants de moins de cinq ans qui doivent sortir. (...) Nous savons qu'ils sont désespérés. »
Avançant une autre raison pour la suspension de l'opération, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a argué du blocage par des rebelles de l'évacuation des blessés des villages chiites prorégime de Foua et Kafraya dans la province voisine d'Idleb, assiégés par les insurgés. Le départ de ces blessés était l'une des conditions de l'accord du régime pour permettre les évacuations à Alep. Dans la deuxième ville de Syrie, un convoi de plus de 800 personnes évacuées a d'ailleurs été forcé de rebrousser chemin par des miliciens chiites prorégime.
Désespoir et amertume
Il resterait environ 40 000 civils dans le réduit rebelle d'Alep et entre 1 500 et 5 000 combattants et leurs familles, selon l'émissaire de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura. Depuis jeudi, environ 8 500 personnes, dont 3 000 combattants, ont été évacuées vers des territoires sous contrôle rebelle, selon l'OSDH. Quelque 8 000 selon les médias officiels syriens.
À Khan al-Assal, localité à l'ouest d'Alep où certains évacués ont été conduits, le désespoir et l'amertume emplissent le cœur de ceux qui ont dû quitter leur ville. « C'était catastrophique. J'ai fait la prière du matin, c'était la dernière à Alep, et j'ai pleuré. Je ne sais pas ce que je vais faire », s'emporte Mohammad, professeur d'université. « On a quitté notre terre », lance Abou Ahmed Salah, encore en uniforme militaire. « Tout le monde nous a laissé tomber », lâche-t-il. Khan al-Assal n'est qu'une escale et ces déplacés vont devoir chercher refuge chez des proches ou dans des centres d'accueil. Selon Ahmad el-Dbis, chef d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent l'évacuation, au moins 250 blessés sont également sortis de la ville. Parmi eux, un vieil homme touché à la jambe et ses deux fils, l'un la jambe arrachée et l'autre qui a perdu un œil, sont internés dans un hôpital de Bal al-Hawa, à quatre kilomètres de la frontière turque. « C'est un baril explosif de Bachar (el-Assad) qui nous a fait ça », raconte le vieil homme, en suppliant d'être soigné en Turquie.
(Source : AFP)


"HUSSEÏN obama veut...." ! Thé-Eau-Zed.
00 h 18, le 18 décembre 2016