Les acteurs du collectif Les Sans Lendemain entourant Sorj Chalandon, l’auteur du roman « Le quatrième mur ».
Théâtre
« Le quatrième mur » pour voler 120 minutes à la guerre
Joliment joué par le collectif Les Sans Lendemain, Le quatrième mur, inspiré du roman éponyme de Sorj Chalandon, a occupé, quatre soirées durant, les planches du théâtre parisien de la Jonquière. Portée par l'énergie de sept acteurs (dont une comédienne, Stéphanie Mater, de mère libanaise), la pièce débute avec Samuel, metteur en scène grec ayant un projet fou : monter l'Antigone d'Anouilh dans le Liban en guerre à la fin des années 70. Et confier chacun des rôles à des comédiens libanais de diverses appartenances religieuses. Mais Samuel tombe malade et remet cette utopie entre les mains de Georges, jeune Français qui part à Beyrouth pour accomplir, durant deux heures, une trêve poétique et voler 120 minutes à la guerre. Il parvient ainsi à réaliser le rêve de Samuel et à faire jouer la pièce dans une maison à moitié détruite, située sur la ligne verte. Deux heures qui résonnent en chacun de nous, incisives, humanistes, porteuses d'espoir dans un Liban en pleine tourmente.
É. M.
Littérature
Trois titres en lice pour le prix des Deux Magots
Trois romans ont été retenus dans la deuxième sélection du prix des Deux Magots, a annoncé hier le jury de ce prix littéraire qui sera attribué le 31 janvier 2017 dans le café parisien éponyme. Fondé en 1933 et doté de 7 700 euros, le prix des Deux Magots est l'une des plus anciennes distinctions littéraires de l'Hexagone. Il a pour ambition « d'attirer l'attention sur des écrivains de qualité, toujours dans le souci d'avoir un choix diversifié et peu conformiste ».
Seul Éric Vuillard, présent dans la première sélection, est confirmé dans la seconde. Stéphane Hoffmann et Philippe Vasset sont en revanche écartés. Les trois auteurs retenus sont Kéthévane Davrichewy pour L'autre Joseph (Sabine Wespieser); Frédéric Gros pour Possédées (Albin Michel) et Éric Vuillard, pour14 juillet (Actes Sud).
Créé en réaction au prix Goncourt jugé trop académique, le prix des Deux Magots a été décerné la première fois à un jeune auteur, alors inconnu, Raymond Queneau, pour son livre Le chiendent. L'an dernier, le prix avait été attribué à l'essayiste Pierre Adrian pour La piste Pasolini (Équateurs).
« Petit pays », mais grandes récompenses
La série gagnante continue pour Gaël Faye récompensé par le prix du roman des étudiants France Culture-Télérama pour son premier roman Petit pays.
Figure montante de la scène rap française, l'auteur-compositeur âgé de 34 ans a déjà reçu cette année le Goncourt des lycéens, le prix du roman Fnac et le prix du premier roman.
Publié fin août chez Grasset, Petit pays est une plongée dans le quotidien insouciant d'un petit garçon de 10 ans, Gabriel, fils d'un couple franco-rwandais (comme l'est Gaël Faye) au début des années 1990 à Bujumbura avant que sa vie ne se fissure avec la séparation de ses parents, la guerre civile et le génocide au Rwanda voisin qui le contraint à l'exil en France.
Exclusivement composé d'étudiants, le jury du prix du roman des étudiants était composé cette année de 500 étudiants entre 18 et 30 ans sélectionnés dans 24 villes de France avec le soutien de 30 librairies indépendantes. Le prix sera remis à Gaël Faye le 17 janvier. L'an dernier, c'est un autre primo-romancier, Olivier Boudeaut (En attendant Bojangles, Finitudes), qui avait reçu le prix des étudiants.
Gaël Faye était en lice face à Catherine Cusset (L'autre qu'on adorait, Gallimard), Éric Vuillard (14 juillet, Actes Sud), Laurent Mauvignier (Continuer, Minuit) et Jean-Paul Dubois (La succession, L'Olivier).
(Source : AFP)


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