La Turquie a arrêté deux députées du principal parti prokurde dans le cadre d'un vaste coup de filet visant ses membres après l'attentat meurtrier d'Istanbul, qui suscite des interrogations sur l'efficacité de la stratégie turque de lutte contre les séparatistes. Caglar Demirel et Besime Konca ont été arrêtées lundi soir par la police d'Ankara en lien avec « une enquête antiterroriste en cours dans les provinces de Diyarbakir et Batman », dans le sud-est à majorité kurde du pays, selon l'agence Anadolu. Mme Demirel préside le groupe parlementaire du HDP, deuxième formation de l'opposition. Ces arrestations sont survenues après l'attentat qui a fait 44 morts, pour la plupart des policiers, samedi soir devant un stade de football à Istanbul et qui a été revendiqué par un groupe radical kurde, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Au lendemain de l'attentat, la police a lancé une vague d'arrestations de personnes soupçonnées de liens avec ou de diffuser la propagande du PKK, classé comme organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne. Hier, le ministère de l'Intérieur a annoncé que pas moins de 568 personnes ont ainsi été arrêtées depuis lundi. « C'est la continuité d'une stratégie qui se poursuit à toute allure depuis juillet », explique Natalie Martin, spécialiste de la Turquie à la Nottingham Trent University, en faisant allusion aux purges lancées par le pouvoir après le putsch raté contre le président Recep Tayyip Erdogan.
Moyen Orient et Monde
La campagne contre le principal parti prokurde se poursuit
OLJ / le 14 décembre 2016 à 00h00

