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Moyen Orient et Monde

Trump s’oppose à la CIA sur les cyberattaques de la Russie

États-Unis

John Kelly nommé à la Sécurité intérieure, 3e général à intégrer la nouvelle administration.

OLJ
13/12/2016

Donald Trump continuait hier de rejeter l'idée que la Russie de Vladimir Poutine soit intervenue dans l'élection américaine à son profit, alors que de puissants élus républicains et démocrates réclament une grande enquête parlementaire sur le rôle de Moscou.
La CIA a conclu dans un rapport secret révélé vendredi par le Washington Post que la Russie était intervenue par ses cyberattaques dans la campagne électorale dans le but précis d'aider Donald Trump à être élu, et non dans le but plus général de troubler le bon déroulement de l'élection.
Mais le successeur de Barack Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, rejette avec force cette conclusion, jetant l'opprobre sur un service de renseignements à la réputation entachée par ses rapports erronés après le 11 septembre 2001 sur les liens entre Saddam Hussein et el-Qaëda.
Donald Trump l'a dit à plusieurs reprises en interviews, et à nouveau sur Twitter lundi matin. « Pouvez-vous imaginer si les résultats de l'élection avaient été l'inverse et si nous essayions de jouer la carte de la Russie/CIA. Ce serait qualifié de théorie du complot! » a-t-il écrit. « À moins que vous ne preniez les hackers en flagrant délit, il est très difficile de déterminer qui a piraté. Pourquoi cela n'a-t-il pas été publié avant l'élection ? »
Donald Trump, qui ne cache pas ses affinités avec Vladimir Poutine et son intention de rétablir des liens plus amicaux avec la Russie, a estimé dans une interview diffusée dimanche sur Fox que le rapport de la CIA avait sans doute été diffusé par les démocrates et non la CIA elle-même, « parce qu'ils ont subi l'une des plus grandes défaites de l'histoire politique de ce pays ».
À Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé hier « des accusations gratuites, non professionnelles, qui n'ont rien à voir avec la réalité ».
La conseillère de M. Trump Kellyanne Conway, citant des informations du Post, insiste aussi sur le fait que le FBI et la CIA ne sont pas sur la même ligne sur les intentions réelles de Moscou, même si la communauté du renseignement a été unanime en octobre pour accuser publiquement la Russie d'avoir piraté des partis politiques.
Des messages internes au Parti démocrate ont été dérobés puis diffusés en juillet, conduisant à la démission de la présidente du parti, et dans les dernières semaines avant l'élection, des milliers de messages du président de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton ont été publiés par Wikileaks, jetant une lumière crue sur les délibérations internes. À l'inverse, aucun message du Parti républicain n'a été publié.
Quoi qu'il en soit, l'immixtion russe dans les affaires internes américaines se transforme progressivement en affaire d'État à Washington. Les sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham et les démocrates Chuck Schumer et Jack Reed ont lancé ce week-end un appel commun à mener une enquête parlementaire, avec des auditions publiques au Congrès, pour établir comment et pourquoi Moscou serait intervenu dans l'élection.

Encore un général
Sur un autre plan, le général à la retraite John Kelly a été choisi hier pour diriger le ministère de la Sécurité intérieure, devenant le troisième général à intégrer l'administration Trump, au sein de laquelle il sera notamment en charge de la protection des frontières. Cet ancien marine, général de corps d'armée, âgé de 66 ans « est la bonne personne pour mener l'urgente mission de stopper l'immigration illégale et d'assurer la sécurité de nos frontières », a estimé le président élu Donald Trump dans un communiqué. À la tête du Department of Homeland Security (DHS), John Kelly aura pour mission d'assurer le contrôle des frontières extérieures des États-Unis, de l'immigration et des naturalisations et sera en charge de la sécurité intérieure.
« Le peuple américain a voté lors de cette élection pour stopper le terrorisme, récupérer la souveraineté de nos frontières et mettre fin à l'attitude politiquement correcte qui a trop longtemps régi notre approche de la sécurité nationale », a pour sa part réagi John Kelly, cité dans le communiqué. Il succédera au démocrate Jeh Johnson.

F-35
Enfin, Donald Trump a dénoncé hier les coûts du programme de l'avion de combat F-35 de Lockheed Martin et promis de s'attaquer au problème dès son entrée en fonction. « Le programme et le coût du F-35 sont hors de contrôle », lit-on sur le compte Twitter du futur président des États-Unis. « Des milliards de dollars peuvent être et seront économisés sur les achats militaires (et autres) après le 20 janvier. »
Interrogée à propos du tweet de Donald Trump, son équipe de transition a déclaré que le message signifiait que le président élu allait se battre pour les contribuables, comme il l'avait promis pendant sa campagne.
Le patron du programme F-35 chez Lockheed Martin, Jeff Babione, a déclaré pour sa part que son groupe comprenait les inquiétudes concernant le coût du programme et avait investi des millions de dollars pour faire baisser le prix de l'avion.

(Sources : agences)

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