Le chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt, a condamné une fois de plus hier le traitement réservé à la ville d'Alep par la triade Damas-Téhéran-Moscou et alliés, dénonçant une collusion, manifeste à ses yeux, entre ces trois pôles et l'organisation État islamique.
« C'est incroyable, mais à chaque fois qu'il y a une proposition de cessez-le-feu à Alep de la part du Hached el-Chaabi international et du micmac interne, les bombardements, la destruction et les déplacements de population augmentent », a indiqué M. Joumblatt, dans le premier d'une série de tweets accompagnés de photos sur son compte Twitter.
« Mais ces promesses mensongères de cessez-le-feu cachent une vérité effroyable, puisque les habitants sont obligés de s'exiler et sont triés aux barrages –
les hommes d'un côté et les femmes et les enfants de l'autre, a poursuivi le chef du Parti socialiste progressiste. La plupart des hommes sont arrêtés, soupçonnés d'avoir pris part aux combats et conduits dans des endroits inconnus – pour être probablement liquidés. Et ce qui reste (de la ville) est détruit pour changer la face de la ville, ce qui est du jamais-vu dans l'histoire d'Alep, même à l'époque des invasions mongoles. »
« Face à cette capacité locale et internationale de la part du front de la moumanaa, naturellement, de déraciner la plupart des habitants de la Syrie de leurs villes et de leurs terres, et de les transformer de société urbaine et sédentaire en déplacés et en nouveaux bédouins, d'étranges questions se posent d'elles-mêmes: comment l'organisation État islamique a-t-elle pu passer outre le contrôle et la surveillance de la moumanaa et retourner à Palmyre ? Comment a-t-elle pu franchir toutes ces vastes étendues ? Où est la vigilance des aigles de l'aviation syriens, russes, iraniens et autres ? Où sont les protecteurs de Palmyre et les vaillants guerriers du Hached el-Chaabi local ? » s'est interrogé Walid Joumblatt.
Et d'apporter lui-même la réponse : « Il semble qu'ils soient encore grisés musicalement par le concert de Guerguiev d'après la première libération. Ou bien s'agit-il d'une comédie pour détruire ce qui reste de Palmyre – les vieilles pierres et les colonnes étant l'antithèse des valeurs de la moumanaa. Et la même chose s'applique à Alep et son patrimoine culturel », a-t-il indiqué.
Et M. Joumblatt d'ajouter : « Dans la nouvelle ère de la moumanaa, place à de nouvelles villes, à un homme nouveau de la moumanaa, à une nouvelle culture de la moumanaa, etc. Peut-être l'un des grands écrivains de la moumanaa, qui a transmis un message de menaces et d'intimidations piégé il y a quelques jours, satisfera-t-il notre soif de savoir en nous apportant des réponses dignes de la moumanaa », a-t-il conclu, ironiquement, en allusion à un article le concernant paru dans le quotidien as-Safir la semaine dernière.
Le Saint-Esprit était ailleurs...
Aux antipodes de M. Joumblatt, le chef du Parti démocratique libanais, le député Talal Arslane, a estimé, sur son compte Twitter, que « la libération d'Alep est imminente et modifiera les rapports de force de la région », exprimant son étonnement face à « la surprise de certains » quant à ces développements.
Le président du conseil politique du Hezbollah, Ibrahim Amine el-Sayyed, a estimé pour sa part que « la victoire réalisée à Alep est la fille de la victoire obtenue lors de la guerre de juillet en 2006 ». « Mais il s'agit d'une victoire encore plus grandiose en raison de la rapidité des répercussions qu'elle va avoir, d'autant qu'il y a beaucoup de comploteurs qui se trouvent en Syrie », a indiqué ce haut responsable du parti chiite. « Tout le monde doit se préparer à l'étape qui va suivre, à savoir la chute du complot en Syrie, et qui est désormais très proche », a-t-il ajouté.
Quant au président des Forces libanaises, Samir Geagea, il a commenté en ces termes le fait que le pape François ait adressé une lettre hier au président syrien Bachar el-Assad : « Si cela est vrai, alors le Saint Esprit était occupé ailleurs... »


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