Le président élu des États-Unis, Donald Trump. Mark Kauzlarich/Reuters
Le suspense se poursuivait hier sur la personnalité que choisira Donald Trump pour représenter les États-Unis dans le monde, un poste exigeant et dans l'ombre permanente du futur président.
Alors que le cercle de finalistes pour le poste de secrétaire d'État avait un temps paru se resserrer, une nouvelle équipe de candidats a surgi, dont certains à la notoriété relativement faible mais réputés Trumpo-compatibles. Outre l'ex-maire de New York Rudy Giuliani et l'ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney, le patron d'Exxon Mobil, un parlementaire californien et un ancien ambassadeur en Chine sont ouvertement dans la course pour diriger la prochaine diplomatie américaine. Durant le week-end, le nom du républicain Dana Rohrabacher s'est ajouté à la liste des prétendants, selon le Washington Post. Examiner, dans un éventuel « ticket » avec le néoconservateur John Bolton, possible numéro deux dans une étrange synthèse, puisque M. Bolton est fermement opposé à la Russie, contrairement à M. Trump. « Je suis absolument d'accord avec le président élu, notamment en ce qui concerne l'établissement de relations positives avec la Russie afin de vaincre l'islam radical », a déclaré Dana Rohrabacher hier sur Fox News, l'une des chaînes surveillées de près par Donald Trump. Le nom de Jon Huntsman, ancien gouverneur républicain de l'Utah et ancien ambassadeur en Chine de Barack Obama, est également apparu ces derniers jours. Mais aucun des deux n'a encore rencontré Donald Trump.
Le patron d'Exxon Mobil, Rex Tillerson, se rendra en revanche aujourd'hui à la Trump Tower. Il pourrait être l'un des patrons à rejoindre l'équipe gouvernementale du milliardaire, qui a promis de « curer le marigot » de Washington en recrutant en dehors des élites politiques traditionnelles.
La publicité donnée à ces auditions semble être une volonté délibérée de Donald Trump, passé maître dans l'art de créer le suspense médiatique, alors qu'il y a huit ans, par exemple, Barack Obama s'efforçait de garder secrètes ses tractations pour recruter Hillary Clinton au département d'État.
Tensions avec Pékin
Pour l'instant, le 45e président américain a jonglé entre des nominations de fidèles et de « durs », notamment à la Justice (Jeff Sessions) et au Conseil de Sécurité nationale (Michael Flynn), et des personnalités moins controversées, comme le général à la retraite James Mattis à la Défense ou la charismatique et jeune Nikki Haley à l'Onu.
Il a nommé hier un ancien rival des primaires républicaines qui s'était rallié à lui pendant la campagne, le brillant neurochirurgien à la retraite Ben Carson, très aimé des chrétiens évangéliques, premier Noir à rejoindre l'administration. Chargé du département du Logement et du Développement urbain, Ben Carson aura pour mission de sortir de la pauvreté la communauté noire, Donald Trump ayant dénoncé à répétition l'échec des politiques démocrates.
Mais c'est bien la nomination du prochain chef de la diplomatie qui est la plus attendue. Le prochain secrétaire d'État devra s'accommoder du plaisir pris par le président Trump à s'affranchir des usages diplomatiques. Donald Trump a ainsi, en un coup de fil et quelques tweets, tendu la relation avec la Chine, qu'il a constamment dénoncée durant la campagne comme un pays profiteur et pillant l'économie américaine.
Il a d'abord accepté un appel de félicitations de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, alors que Washington ne reconnaît officiellement que le gouvernement chinois de Pékin depuis 1979, selon la politique de la « Chine unique ». Puis Donald Trump a vivement critiqué dimanche sur Twitter la politique monétaire et de défense de Pékin.
« Est-ce que la Chine nous a demandé si c'était O.K. de dévaluer leur monnaie (ce qui complique la tâche de nos entreprises pour être compétitives), de lourdement taxer nos produits importés dans leur pays (les États-Unis ne les taxent pas) ou de bâtir un vaste complexe militaire en mer de Chine du Sud ? Je ne crois pas ! » a-t-il écrit.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine