Le relâchement de fin de match a coûté cher au Barça, qui enchaîne son 3e nul consécutif en LaLiga. Et le Real a eu le mérite d’y croire jusqu’au bout, jusqu’au but de Sergio Ramos (photo). Encore une tête salvatrice de l’homme de la Decima en Ligue des champions, remportée en 2014 grâce à un but égalisateur du Sévillan en finale… Albert Gea/Reuters
Sergio Ramos sauveur du Real Madrid ! Buteur in extremis, le capitaine madrilène a écœuré le FC Barcelone (1-1) dans un clásico crispant, samedi après-midi, en championnat d'Espagne (LaLiga), préservant l'avance de l'équipe de Zinédine Zidane et sa série d'invincibilité avec un 33e match sans défaite.
Au Camp Nou, cette rencontre présentée comme un sommet mondial du football de clubs a surtout été un sommet de trac. Et si Luis Suarez a ouvert le score d'une tête à bout portant sur un coup franc excentré (53e), Ramos a égalisé de la tête dans les ultimes secondes (90e). « Il faut souligner une fois de plus le grand cœur de notre équipe, qui y a cru jusqu'au bout, s'est réjoui Zidane. On est satisfait du point obtenu. On continue avec nos résultats positifs. » Le Real a été plutôt supérieur en 1re période, notamment au milieu. Et si Neymar et Lionel Messi n'ont pas su concrétiser l'ascendant barcelonais après la pause, l'efficacité a également fui Cristiano Ronaldo, peut-être perturbé par les accusations de dissimulation fiscale diffusées vendredi par plusieurs médias européens.
Après cette 14e journée, la Maison blanche reste nettement en tête de la la Liga avec 34 points, six longueurs devant son dauphin barcelonais (2e, 28 pts). Le Séville FC, surpris à Grenade (2-1), est 3e (27 pts) avant d'aller à Lyon mercredi en Ligue des champions (C1). Et l'Atletico stagne à la 4e place (25 pts) après un nul frustrant contre l'Espanyol Barcelone (0-0).
Ramener un point du Camp Nou est loin d'être négatif pour Zidane, qui s'était déjà imposé in extremis lors de son premier clásico d'entraîneur en avril au Camp Nou (2-1). Le Français voit en outre sa série de matches sans défaite toutes compétitions confondues se poursuivre. Et il n'est plus qu'à une longueur du record du club, 34 matches d'affilée en 1988-1989, qu'il peut égaler mercredi contre Dortmund en C1.
Frousse
De ce choc planétaire au Camp Nou, on retiendra surtout que la frousse a pris le pas sur la fièvre. Crispées, les deux équipes se sont attachées à ne pas faire d'erreurs... au détriment du spectacle.
L'entraîneur barcelonais Luis Enrique avait prudemment aligné au milieu le robuste André Gomes aux dépens du virevoltant Andres Iniesta, tout juste revenu de blessure et seulement entré à l'heure de jeu. Du côté de Zidane, son milieu en 4-4-2 a bien étouffé l'entre-jeu du Barça en 1re période. Et Lionel Messi, sevré de munitions, est beaucoup redescendu pour se rapprocher du ballon. Dans un jeu d'allers-retours pas vraiment contrôlé, le Real a eu les meilleures occasions en 1re période. Que se serait-il passé si l'arbitre avait sifflé une penalty pour un coup de hanche de Javier Mascherano sur Lucas Vazquez (3e) ? Ou si Cristiano Ronaldo avait mieux conclu ses occasions (16e, 37e, 38e, 51e et 89e) ?
Maladroit, le Portugais n'a pas brillé après avoir fait la une de la presse mondiale pour ses pratiques fiscales présumées. Le gouvernement espagnol a d'ailleurs indiqué, samedi, que le Trésor public était prêt à enquêter sur son cas. Au final, c'est Suarez qui a décanté la rencontre, avec l'aide involontaire de Raphaël Varane, qui s'est troué au marquage devant l'Uruguayen. Le match était enfin lancé. Et l'affaire aurait pu être pliée si Neymar (68e) ou Messi (72e) avaient conclu face au gardien. « C'est une douche froide pour nous tous, a pesté Luis Enrique. Mais nous n'avons joué que 14 journées dans cette LaLiga, il en reste énormément. Nous devons améliorer notre rendement. »
Le relâchement de fin de match a coûté cher au Barça, qui enchaîne son 3e nul consécutif en LaLiga. Et le Real a eu le mérite d'y croire jusqu'au bout, jusqu'au but de Ramos. Encore une tête salvatrice de l'homme de la Decima, la 10e des 11 C1 du club, remportée en 2014 grâce à un but égalisateur du Sévillan en finale. Le Real et Zidane lui doivent encore beaucoup...
(Source : AFP)
Neymar arbore le maillot de Chapecoense
L'attaquant brésilien Neymar, star du FC Barcelone, s'est présenté au Camp Nou samedi avant le clásico en portant un maillot de l'équipe brésilienne Chapecoense, décimée lundi dernier en Colombie dans un accident d'avion. Sur une vidéo diffusée par le Barça sur son site Internet, on voit Neymar marcher dans les couloirs du stade avec le maillot vert du club brésilien plié sur l'épaule, l'écusson bien visible. Le drame subi par Chapecoense a déclenché une vague de solidarité dans le monde du sport et les matches de la 14e journée du championnat d'Espagne ce week-end, dont le clásico Barça-Real, ont été précédés d'une minute de silence à la mémoire des victimes.
Ultime hommage pour Chapecoense
Entre larmes, recueillement et chants de supporteurs, la ville brésilienne de Chapeco a rendu, samedi dans son petit stade, un ultime et déchirant hommage à son équipe de foot, décimée lundi dernier dans le crash de l'avion qui la transportait en Colombie. Bravant une pluie battante, des milliers d'habitants de cette petite ville du sud du Brésil se sont massés tout au long du trajet du cortège funèbre, entre l'aéroport et le stade, pour saluer la mémoire des champions décédés. Des fusées d'artifice tirées depuis le stade ont illuminé le ciel de Chapeco au moment où se sont posés à l'aéroport les deux appareils de la force aérienne brésilienne rapatriant les dépouilles mortelles.

