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Moyen Orient et Monde - Présidentielle En France

Face à une droite rassemblée, la gauche se déchire

Hollande et Valls se sont retrouvés hier en tête à tête pour leur déjeuner hebdomadaire.

Le Premier ministre Manuel Valls discutant avec le président Francois Hollande, hier, sur le perron de l’Élysée. Philippe Wojazer/Reuters

Face à une droite française en ordre de marche pour la présidentielle de 2017 sous la houlette du conservateur François Fillon, et à une extrême droite prête à en découdre, la gauche apparaît plus que jamais fragmentée avec une guerre ouverte entre François Hollande et son Premier ministre.
« Nous sommes proches (...) de ce qu'on pourrait baptiser un suicide collectif », a averti hier le porte-parole du Parti socialiste au pouvoir, Olivier Faure.
Plombée par l'impopularité record du président Hollande, déchirée par des divergences idéologiques profondes – sur l'économie, l'Europe, la laïcité –, la gauche semble au bord de l'implosion.
Alors qu'une primaire de toute la gauche est prévue fin janvier, plusieurs candidats ont décidé de s'en dispenser, dont le porte-voix de la gauche contestataire, Jean-Luc Mélenchon, ou l'ex-ministre de l'Économie « ni de gauche ni de droite » Emmanuel Macron, tous deux crédités de plus de 10 % dans les sondages.
Au sein même du Parti socialiste, les couteaux sont tirés, jusqu'au sommet de l'État où le président français – qui doit dire prochainement s'il se représente – fait face aux assauts répétés de son Premier ministre Manuel Valls, désormais ouvertement « prêt » à briguer une investiture à la présidentielle. Au lendemain de rumeurs de démission du chef du gouvernement, les deux hommes se sont toutefois expliqués hier en tête à tête lors de leur déjeuner hebdomadaire. Et le Premier ministre est semble-t-il rentré dans le rang, excluant de démissionner et d'affronter le président dans une primaire. Le Premier ministre, selon l'un de ses proches, a ainsi assuré au président « qu'il ne pouvait y avoir et qu'il n'y aurait jamais de crise institutionnelle » au sommet de l'État. L'ambiance du déjeuner a été « tout à fait cordiale et studieuse », a assuré pour sa part l'entourage de M. Hollande, assurant que, « bien entendu », l'action de l'exécutif allait pouvoir se poursuivre sereinement.
Dans la matinée, le chef de l'État avait encore intensifié son bras de fer avec son Premier ministre par la voix de ses soutiens. « Il n'y aura pas de primaire entre le président de la République et le Premier ministre », a ainsi affirmé sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, fidèle lieutenant de François Hollande.
Soucieux de maîtriser son calendrier, François Hollande s'est donné jusqu'au 15 décembre pour dévoiler ses intentions, mais ses proches ne doutent pas de son désir de se lancer dans la course. D'ici là, le président laboure la France en affirmant que le pays « va mieux » et que « ses engagements ont été tenus ».

La gauche éliminée ?
La gauche est condamnée au rassemblement si elle veut faire mentir les sondages qui annoncent un second tour de la présidentielle entre une droite portée par le succès de sa primaire et une extrême droite remontée à bloc par la poussée populiste en Europe et aux États-Unis.
Si les candidatures continuent de se multiplier, « il n'y aura pas de gauche au second tour et la gauche sera éliminée pour longtemps », a mis en garde Olivier Faure.
L'ambiance délétère à gauche offre un contraste frappant avec l'enthousiasme qui se manifeste dans le camp de la droite, dont la primaire a rassemblé plus de 4,5 millions d'électeurs les 20 et 27 novembre.
Longtemps à la traîne dans les sondages, parfois raillé en « Mister nobody », François Fillon, ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012), a écrasé dimanche son rival Alain Juppé lors du second tour de scrutin, en remportant plus de 66 % des voix. Une victoire claire et nette pour ce conservateur au calme imperturbable, qui avait déjà réussi à éliminer l'ancien président Sarkozy au premier tour.
Investi sur un programme très libéral en économie (500 000 suppressions d'emplois publics, augmentation du temps de travail) et conservateur sur les sujets de société (il est hostile à l'adoption plénière pour les couples homosexuels), il s'affiche désormais en position de force, à cinq mois de la présidentielle.
À ce stade, tous les sondeurs prédisent une élimination de la gauche au premier tour de la présidentielle, et un face-à-face final entre François Fillon et la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen. Mais s'il veut battre cette dernière, le représentant de la droite va devoir séduire des électeurs du centre, voire de la gauche, estiment des experts.
Son programme « devrait bouger un petit peu pour être plus rassembleur, moins clivant, notamment sur les aspects socio-économiques », estime le politologue Jean-Yves Camus. « Jamais la droite et la gauche n'auront paru autant aux antipodes, soulignait hier le quotidien économique Les Échos. La droite est en route pour l'alternance. (...) La gauche prend le chemin exactement inverse et court vers l'explosion. »
(Source : AFP)

Face à une droite française en ordre de marche pour la présidentielle de 2017 sous la houlette du conservateur François Fillon, et à une extrême droite prête à en découdre, la gauche apparaît plus que jamais fragmentée avec une guerre ouverte entre François Hollande et son Premier ministre.« Nous sommes proches (...) de ce qu'on pourrait baptiser un suicide collectif », a averti hier le porte-parole du Parti socialiste au pouvoir, Olivier Faure.Plombée par l'impopularité record du président Hollande, déchirée par des divergences idéologiques profondes – sur l'économie, l'Europe, la laïcité –, la gauche semble au bord de l'implosion.Alors qu'une primaire de toute la gauche est prévue fin janvier, plusieurs candidats ont décidé de s'en dispenser, dont le porte-voix de la gauche contestataire, Jean-Luc...
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