De gauche à droite : le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandyan, la secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean, le président malgache Hery Rajaonarimampianina et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, lors de la clôture du sommet de la Francophonie à Antananarivo. Gianliuigi Guerica/AFP
Le 16e Sommet de la Francophonie s'est achevé hier à Antananarivo, la capitale de Madagascar, avec un appel des pays membres à une meilleure coopération notamment dans leurs actions contre le terrorisme.
Les pays francophones « paient un lourd tribut face à cette menace asymétrique qu'est le terrorisme. Une plus grande mutualisation de nos expériences, de nos moyens et de nos renseignements est nécessaire », a indiqué Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) lors de la conférence de presse de clôture du sommet. Les résolutions finales encouragent notamment « le partage ou la diffusion des programmes de déradicalisation » dans les pays de la francophonie.
Dès samedi, le président français François Hollande avait appelé à renforcer la coopération contre la radicalisation islamiste au sein de l'espace francophone. « Nous n'avons pas le droit d'abandonner des jeunes sans repères, de les laisser ainsi vulnérables, atteints par les mensonges des mouvements fondamentalistes », avait-il lancé à la tribune.
Absences africaines
De nombreux leaders du continent africain manquaient à l'appel de ce sommet. Dans la longue liste des absents figuraient Joseph Kabila, le président de la République démocratique du Congo, Alassane Ouattara et Ibrahim Boubacar Keïta, ses homologues ivoirien et malien, mais également le roi du Maroc Mohammad VI, pourtant présent à Madagascar la semaine précédant le sommet.
Au total, moins d'une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement étaient présents à Antananarivo, une affluence modeste au regard du nombre de pays membres ou observateurs de l'OIF. François Hollande, présent samedi pour l'ouverture du sommet, ne s'est pas rendu aux cérémonies de clôture dimanche.
Seule la présence du charismatique Premier ministre canadien Justin Trudeau a finalement relevé ce rassemblement sans relief. Samedi, dans son discours d'ouverture, M. Trudeau a livré un audacieux plaidoyer pour les droits des femmes et des homosexuels. « Je suis féministe et j'en suis extrêmement fier », a lancé le Premier ministre, avant d'ajouter que les « membres des communautés lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres souffrent dans trop de pays, incluant certains membres de la francophonie ». Hier, il a enfoncé le clou. « Si c'est des questions qui rendent les gens mal à l'aise, eh bien tant mieux! On ne peut pas choisir les droits qu'on veut respecter ou non », a lancé M. Trudeau.
À l'issue de ce sommet, l'OIF a annoncé l'adhésion de quatre nouveaux membres : l'Argentine, la Corée du Sud, l'Ontario comme observateurs et la Nouvelle-Calédonie comme membre associé. L'Arabie saoudite verra, elle, sa candidature réexaminée ultérieurement. L'OIF regroupe désormais 84 membres, dont 26 observateurs et 4 membres dits associés. La Thaïlande, qui fait partie des observateurs, est suspendue de l'OIF depuis le coup d'État de 2014.
Le prochain Sommet de la francophonie sera organisé en Arménie en 2018 et en Tunisie en 2020.
(Source : AFP)

