Mgr Béchara Raï reçu par le chef de l’État, Michel Aoun. Photo Dalati et Nohra
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a exprimé hier son étonnement après la réponse que lui avait adressé jeudi le vice-président du Conseil supérieur chiite, Abdel Amir Kabalan, suite à son affirmation qu'« il est anticonstitutionnel et contre l'entente nationale de remplacer le "panier de conditions" par un veto contre tel ou tel et de s'accrocher à des portefeuilles ».
Vraisemblablement chargé par le président du Parlement, Nabih Berry, qui s'était senti visé par la déclaration de Mgr Raï, le dignitaire chiite n'avait pas tardé à répliquer, soutenant que « l'attachement à la conclusion de nouvelles ententes dans le cadre d'un panier complet avait été exprimé pour épargner au pays des crises superflues ».
À l'issue d'une visite protocolaire au président de la République, Michel Aoun, et en réponse à une question sur la raison qui aurait porté le cheikh Kabalan à répondre de la sorte, Mgr Raï a affirmé : « Je n'y trouve aucune raison et j'en suis étonné. »
Concernant sa visite à Baabda, le patriarche maronite a affirmé l'avoir effectuée pour réitérer ses félicitations au nouveau chef de l'État, lui renouveler son soutien et lui présenter ses vœux à l'occasion de la fête de l'Indépendance, le 22 novembre. Il a ajouté qu'il a informé le président de son prochain voyage pastoral à Rome, Marseille et Lyon.
Prenant la parole, le président Aoun a remercié Mgr Raï, exprimant son attachement à « la participation de tous les Libanais au chantier national dont les lignes générales ont été définies dans le discours d'investiture ».
Michel Eddé
Le président Aoun a par ailleurs reçu hier les lettres de créance de sept ambassadeurs accrédités, en présence du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil. Il s'agit des lettres de créance de Michelle Cameron, ambassadrice du Canada, Marian Wrba, ambassadrice d'Autriche, Michaela Fronkava, ambassadrice de la République tchèque, Christina Rafti, ambassadrice de Chypre, Ali Abbas Bandar el-Ameri, ambassadeur d'Irak, Aftab Ahmad Khokher, ambassadeur de la République islamique du Pakistan, et Aghasalim Shukurov, ambassadeur de la République d'Azerbaïdjan.
Le chef de l'État a en outre reçu une délégation du Conseil constitutionnel menée par son président, Issam Sleiman, venue le féliciter à l'occasion de son élection. Devant ses visiteurs, M. Aoun a mis l'accent sur la partie de son discours d'investiture consacrée à la nécessité de « libérer la justice du suivisme politique », insistant sur la nécessité pour les institutions judiciaires d'« œuvrer à l'écart de toute interférence, quel que soit le bord dont elle pourrait provenir ».
Le président Aoun a aussi reçu une délégation de la Fondation maronite dans le monde, conduite par son président honoraire, Michel Eddé, et composée du président de la Fondation, Neemat Frem, ainsi que de ses membres. M. Eddé a affirmé à cette occasion que « l'élection du général Aoun à la tête de l'État a produit un impact positif sur les Libanais, qui doivent s'épauler pour l'aider dans la marche de la construction de l'État ».
Également parmi les visiteurs du palais de Baabda, Hadi Hobeiche, député du Akkar, et une délégation de l'Église évangélique.

