À Mossoul, des volontaires tentent de secourir un garçon de 12 ans blessé par des roquettes tirées par les jihadistes de l’État islamique. Odd Andersen/AFP
Les forces irakiennes ont annoncé hier avoir repris le site antique de Nimrod, un joyau de l'Antiquité, sur leur route vers Mossoul, où les jihadistes du groupe État islamique (EI) opposent une forte résistance.
La reprise de la zone de Nimrod n'est pas stratégiquement importante, mais elle a une portée symbolique. Car l'ancienne cité antique assyrienne est l'un des sites archéologiques les plus célèbres d'Irak, pays souvent décrit comme le berceau de la civilisation. L'armée irakienne n'a pas donné de détails sur cette reprise ni sur l'état dans lequel se trouvait le site, situé sur les bords du fleuve Tigre à une trentaine de km au sud de Mossoul.
La communauté internationale s'était alarmée au printemps 2015 lorsque l'EI avait diffusé des images montrant des jihadistes détruire au bulldozer, à l'explosif ou à la pioche des monuments, des bas-reliefs et des statues de Nimrod. « Dès que nous pouvons détruire les signes de l'idolâtrie et étendre le monothéisme, nous le ferons », promettait un jihadiste à la fin de cette vidéo qui annonçait la destruction totale de la cité.
Nimrod est l'un des sites historiques, avec Palmyre en Syrie ou Hatra en Irak, que l'EI a pris pour cible, à grand renfort de vidéos, après sa conquête de vastes territoires dans les deux pays en 2014.
Rue par rue dans Mossoul
La reprise de la zone de Nimrod intervient dans le cadre de la vaste offensive militaire, qui entre aujourd'hui dans sa cinquième semaine, pour reconquérir Mossoul, la deuxième ville d'Irak et le dernier bastion de l'EI dans le pays.
« L'EI est encerclé par nos forces par le nord et l'est », a affirmé le commandant Mountadhar Salem, des unités d'élite du contre-terrorisme (CTS). Ces forces s'activaient à Karkoukli et nettoyaient rue après rue les maisons à la périphérie d'Arbajiyah, deux quartiers de l'est où des francs-tireurs étaient embusqués, prenant pour cible les membres des CTS.Comme les jours précédents, des dizaines de civils ont pris la fuite, se dirigeant vers un point de rassemblement à la périphérie de la ville d'où ils étaient transportés au camp de déplacés de Khazir, a constaté une journaliste de l'AFP.
Ceux qui restent tentent de mener une vie normale : un vieil homme passe le balai devant sa maison tandis qu'une dizaine d'autres de tous âges attendent leur tour devant le barbier.
La bataille d'al-Bab
En Syrie, l'EI voit l'étau se resserrer sur l'un de ses derniers bastions, al-Bab, au nord d'Alep, d'où se rapprochent les rebelles soutenus par les forces turques qui se trouvaient hier à deux kilomètres de la ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'armée turque bombardait la ville à l'artillerie et depuis les airs, a-t-il précisé, sans être en mesure de fournir un bilan de victimes.
Al-Bab, ville de 100 000 habitants en majorité arabes, est le principal objectif de l'opération « Bouclier de l'Euphrate » lancée le 24 août par la Turquie. Cette offensive sans précédent vise à la fois l'EI et les forces kurdes des YPG (Unités de défense du peuple kurde), considérés par Ankara comme une organisation « terroriste ». La Turquie veut empêcher à tout prix la création d'une zone semi-autonome kurde le long de sa frontière. Son président Recep Tayyip Erdogan avait affirmé le 27 octobre vouloir capturer al-Bab puis Manbij, tenu par les milices kurdes, et se diriger enfin vers Raqqa.
Une course de vitesse est engagée avec les Forces démocratiques syrienne (FDS), dominées par les Kurdes et soutenues par Washington, qui progressent vers Raqqa depuis le nord dans le cadre de l'opération « Colère de l'Euphrate » lancée le 5 novembre. Al-Bab est également stratégique puisque les FDS se trouvent à une quinzaine de kilomètres à l'est et les forces du régime syrien à 10 km au sud.
(Source : AFP)


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