Le dirigeant du Conseil de l'Europe était hier à Ankara, pour exprimer les inquiétudes européennes liées à l'application de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsch en juillet. La visite de Thorbjorn Jagland intervient au lendemain de la publication d'un rapport de la Commission européenne qui déplore un « retour en arrière » de la Turquie, en particulier en ce qui concerne la liberté d'expression et l'État de droit. M. Jagland, dont la visite a été annoncée au dernier moment, a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, et doit encore s'entretenir avec le Premier ministre Binali Yildirim, le président Recep Tayyip Erdogan et avec des représentants de l'opposition. La Turquie est membre depuis 1950 du Conseil de l'Europe. Parallèlement, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé, hier, se rendre mardi prochain en Turquie en soutien à la société civile, sur fond de tensions multiples entre Berlin et Ankara. Hier également, lors d'un débat devant la Chambre basse du Parlement allemand consacré à la situation en Turquie, M. Steinmeier a présenté une série de mesures pour « renforcer la société civile » turque. Il s'agit notamment d'accueillir en Allemagne les journalistes, scientifiques et artistes qui « ne peuvent plus travailler en Turquie » en raison des purges orchestrées par le régime turc depuis juillet, a-t-il expliqué.
Moyen Orient et Monde
L’Europe au chevet de la société civile turque
OLJ / le 11 novembre 2016 à 00h00

