Alain Blottiere, prix Décembre 2016. Jacques Demarthon/AFP
Le prix Décembre à « Comment Baptiste est mort »
Le romancier Alain Blottière a reçu hier le prix Décembre, le mieux doté des prix littéraires, pour son roman Comment Baptiste est mort (Gallimard), récit cruel et angoissant autour de la figure d'un adolescent enlevé par des jihadistes.
Alain Blottière, 62 ans, a été choisi au premier tour par 7 voix contre 4 à Loïc Prigent (J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste, Grasset) et une voix pour Jacques Henric (Boxe, Seuil). Le prix Décembre est doté de 30 000 euros.
Contrairement aux autres livres en lice, Comment Baptiste est mort n'est pas sorti lors de la rentrée littéraire d'automne mais au printemps dernier.
Le récit, pratiquement sans ponctuation, se présente comme le débriefing d'un adolescent, Baptiste, 14 ans, enlevé avec sa famille par des jihadistes au cœur du désert et libéré après plusieurs semaines de captivité.
Ponctué d'hésitations, de silences, son débriefing laisse apparaître des zones d'ombre, des secrets qu'il tient à garder. Le garçon semble aussi avoir perdu la mémoire d'événements importants. Peu à peu, néanmoins, se révèle l'histoire terrifiante de celui à qui ses ravisseurs ont donné le nom d'un renard du désert : Yumaï.
La sobriété du style, l'étrange douceur qui parfois affleure ne font qu'accentuer la tension. Connaîtrons-nous jamais le secret de Baptiste/Yumaï ?
« J'ai eu l'idée de ce livre – et je l'ai commencé – bien avant la série d'attentats qui endeuillent la France depuis janvier 2015 », a expliqué Alain Blottière sur son compte Facebook. « L'idée ne m'est pas tout à fait tombée du ciel, mais de l'actualité, un drame bien réel: l'enlèvement de toute une famille française, dont de jeunes enfants, par les jihadistes de Boko Haram, en février 2013, dans le nord du Cameroun. »
Le jury du prix Décembre, présidé cette année par Éric Neuhoff, se compose de Laure Adler, Pierre Bergé, Michel Crépu, Charles Dantzig, Cécile Guilbert, Patricia Martin, Dominique Noguez, Amélie Nothomb, Josyane Savigneau, Philippe Sollers et Arnaud Viviant.
L'an dernier le prix avait été attribué à Christine Angot pour Un amour impossible (Flammarion).


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