Le quartier de Tarik al-Bab, à Alep, hier. Abdelrahman Ismail/Reuters
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé hier les États-Unis à un « accord le plus tôt possible » sur la Syrie, lors d'une visite en Grèce.
« Il faut que nous nous mettions d'accord, le plus tôt possible serait le mieux », a déclaré M. Lavrov, interrogé sur le conflit en Syrie et les relations russo-américaines à l'issue d'entretiens avec son homologue grec Nikos Kotzias. « Les États-Unis sont une grande puissance mais cela ne veut pas dire que nous allons jouer selon leurs règles », a toutefois ajouté M. Lavrov, selon la traduction grecque de ses propos en russe. Il a précisé qu'il faisait allusion à une récente déclaration du président américain Barack Obama qui aurait dit, selon lui, que les États-Unis devaient définir les règles du jeu en Syrie. « Nous espérons que nos partenaires vont tirer les conclusions nécessaires afin d'œuvrer pour une coopération honnête (...) et arriver à une solution politique qui va impliquer à la fois le gouvernement (syrien) et les forces de l'opposition », avait auparavant indiqué le ministre russe. Il avait toutefois ajouté que les États-Unis devraient aider à appliquer la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, qui condamne le soutien des groupes extrémistes en Syrie. « Quand nous avons adopté cette résolution, je me souviens des propos du secrétaire d'État américain John Kerry. Il avait dit : "Quiconque souhaite participer à une solution politique ne doit jamais être lié aux terroristes" », a rappelé Sergueï Lavrov. « Presque un an a passé depuis et nous attendons les résultats de ces propos », a-t-il ajouté.
Nouvelle trêve à Alep
Ces propos interviennent après l'annonce par Moscou d'une nouvelle « pause humanitaire » à Alep, qui devrait être mise en place demain pendant dix heures sur ordre du président Vladimir Poutine, a annoncé hier l'armée russe dans un communiqué. Cette décision a été prise en accord avec les autorités syriennes, a-t-il été précisé. Une première trêve humanitaire de trois jours mise en place à Alep par les armées russe et syrienne, qui prévoyait l'arrêt de tous les tirs dans cette ville divisée, a expiré le 22 octobre sans avoir permis l'évacuation de civils et de blessés ni le retrait des combattants. Huit couloirs humanitaires créés à ces fins sont restés quasiment déserts.
Par ailleurs, le Pentagone a annoncé hier l'élimination le 17 octobre par un drone en Syrie de Haydar Kirkan, un responsable d'el-Qaëda accusé de planifier des attentats à l'étranger. Selon le porte-parole du Pentagone Jeff Davis, Kirkan était « le plus haut responsable en Syrie pour la préparation des attaques extérieures » d'el-Qaëda. « Il avait accès aux plus hauts responsables » du réseau jihadiste, y compris en son temps à Oussama Ben Laden lui-même. « Il avait l'intention de préparer et de mener à bien des actions » contre les pays occidentaux, a ajouté le porte-parole.
(Source : AFP)

