En se retirant du WRC, Volkswagen laisse trois pilotes de talent au chômage technique : Sébastien Ogier (photo), Jari-Matti Latvala et Andreas Mikkelsen. Ben Stansall/AFP
Volkswagen coupe le moteur et Sébastien Ogier attend les coups de fil : le constructeur allemand a annoncé, hier, qu'il se retire du championnat du monde des rallyes (WRC) et laisse libres trois pilotes de talent, dont le quadruple champion du monde en titre. « Ne vous inquiétez pas pour moi, nous nous reverrons », a tweeté Ogier peu après l'annonce de ce retrait, qui interviendra après le rallye d'Australie (17-20 novembre), le dernier de la saison.
Volkswagen, Ogier et son copilote Julien Ingrassia viennent de réussir leur 4e grand chelem consécutif de titres mondiaux (pilote, copilote, constructeur) depuis 2013. Outre Ogier, deux autres pilotes vont être au chômage technique : Jari-Matti Latvala et Andreas Mikkelsen.
À une semaine d'intervalle, le constructeur allemand a suivi l'exemple d'une autre marque qui appartient au groupe Volkswagen, Audi. Cette dernière a annoncé, le 26 octobre, qu'elle se retirait d'une autre discipline du sport automobile, le championnat du monde d'endurance (WEC, dont font partie les mythiques 24 Heures du Mans). Ni Audi ni Volkswagen ne l'ont dit explicitement, mais les observateurs et la presse justifient leur décision de se retirer de l'endurance et du rallye par le scandale du dieselgate, dans lequel se débat le groupe Volkswagen. La marque allemande est fragilisée par cette affaire de moteurs truqués pour tenter d'échapper aux normes antipollution en vigueur aux États-Unis et risque de devoir payer une amende de 15 milliards de dollars.
La décision de se retirer du rallye a été prise mardi, lors d'un conseil d'administration du groupe. Volkswagen a assuré vouloir se tourner vers les « technologies du futur » dans l'optique du « développement prochain de (ses) gammes de voitures électriques ». C'est un coup de tonnerre pour la course automobile : la Polo-R de 2017, correspondant à une nouvelle règlementation, était en effet quasiment prête à courir. Surtout, cela pose la question de l'avenir d'Ogier, star de la discipline.
Le retour du pilote chez Citroën, pour lequel il a couru jusqu'en 2011, semble exclu, a priori. La marque française a déjà nommé trois pilotes pour 2017 (le vétéran Kris Meeke, âgé de 37 ans, et deux jeunes, Craig Breen et Stéphane Lefebvre), avec le handicap de ne disposer que de deux nouvelles C3 en début de saison, ce qui obligerait Ogier à alterner entre Breen et Lefebvre. La piste Hyundai est à écarter aussi, car la marque coréenne a un effectif équilibré, composé de Thierry Neuville, actuellement 2e du championnat, de Dani Sordo et de Hayden Paddon. Et n'a pas forcément l'envie ou les moyens financiers de payer Ogier. Restent Toyota, qui revient en WRC avec de gros moyens, et Ford, via l'écurie anglaise M-Sport. La piste de la marque japonaise semble la plus intéressante.
Sacré champion du monde dès le rallye de Catalogne, le 16 octobre, Ogier ne pouvait imaginer que l'aventure VW, entamée par une saison de préparation en 2012, allait s'arrêter brutalement. Ses propos résonnent autrement aujourd'hui : « Depuis quelque temps, je relativise un peu plus par rapport au rallye, car j'ai atteint beaucoup d'objectifs que je m'étais fixés. » D'autant que, selon le journal sportif L'Équipe, il touchera quoi qu'il en soit sa dernière année de salaire (7,5 millions d'euros annuels), pour un contrat qui le liait initialement jusqu'à fin 2017. Cela pourrait lui permettre d'attendre que Toyota développe sa nouvelle Yaris WRC...
(Source : AFP)

