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Sport - Voile - Vendée Globe

Les skippers, moines ou astronautes ?

Cellule monacale ? Navette spatiale ? Le skipper français Louis Burton posant dans la cabine de son voilier avant de prendre le départ, dimanche, du Vendée Globe. Jean-Sébastien Évrard/AFP

On est à des années-lumière d'un bateau de croisière et l'intérieur des voiliers qui prendront le départ du 8e Vendée Globe, dimanche, des Sables-d'Olonne en Bretagne, évoque plus celui d'une capsule Apollo. En plus monacal et sans doute moins confortable...
Edmond de Rothschild, le bateau de Sébastien Josse – l'un des favoris –, ne fait pas exception à la règle. Le monocoque Imoca, long de 18,28 m, est entièrement pensé pour la course, rien que la course. Une bannette (couchette) sur cadre de chaque côté et un petit réchaud. La pièce maîtresse, le saint des saints, est un grand tableau de bord orientable d'un bord sur l'autre, rassemblant toutes les fonctions vitales (navigation, communication, énergie, etc.).
C'est dans cet univers d'une dizaine de m2 que Josse (41 ans) va vivre pendant environ deux mois et demi. Des conditions qui décourageraient les skippers les plus enthousiastes... « Je fais des siestes de 20 à 40 minutes, 5 à 6 fois par jour », explique Josse, lors d'une sortie d'entraînement, à quelques jours du départ. « J'ai une grosse alarme à bord, mais je me réveille presque toujours avant qu'elle sonne, dit-il. En course, on est en état de stress permanent, à l'écoute du bateau. On culpabilise d'être obligé de dormir ! »
Côté nourriture, Sébastien Josse, qui disputera son 3e Vendée Globe (5e en 2005 et abandon en 2009), table sur deux repas chauds par jour. Il a bénéficié des conseils d'un chef étoilé, Julien Gatillon, qui lui a concocté des repas déshydratés haut de gamme.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les skippers du Vendée Globe sont rarement à la barre. « Seulement 5 % de notre temps », précise Josse, dont le bateau est équipé de deux pilotes automatiques. Le skipper d'Edmond de Rothschild est considéré comme l'un des marins les plus brillants de sa génération, aussi à l'aise à la barre d'un trimaran qu'à celle d'un monocoque. Dans le Vendée Globe, il sera aux commandes d'un plan VPLP-Verdier de 2015, l'un des 7 voiliers à foils engagés dans la course sur un total de 29 partants.
La manœuvre d'un tel voilier exige un formidable savoir-faire et une grande coordination. Un virement de bord, par exemple, requiert environ une demi-heure d'efforts violents... quand tout va bien. Beaucoup plus quand ça piaule (souffle fort). Ça commence par le matossage, le déplacement des sacs à voile d'un bord sur l'autre. Une bonne mise en condition dont on sort les jambes flageolantes, le souffle coupé et avec un rythme cardiaque proche de la zone rouge. Durant le Vendée Globe, chaque skipper peut embarquer un maximum de 9 voiles : 1 grand-voile et 8 focs, soit un total de 1 460 m2 pour 500 kilos.
Il faut ensuite préparer le cockpit, mettre de l'ordre dans les dizaines de bouts (cordages) de toutes tailles et couleurs qui l'envahissent. Mieux vaut ne pas se tromper... Une fois la contre-écoute et la bastaque (qui tient le mât sur l'arrière) parées, on remet la quille basculante dans l'axe avant de déclencher le virement de bord avec le pilote automatique. La quille, profonde de 4,50 m avec son lest, bascule au vent d'environ 40 degrés. Il reste alors à régler les voiles avec le moulin à café (winch) installé dans le cockpit, s'occuper des ballasts pour rééquilibrer le bateau sur le nouveau bord.
Edmond de Rothschild va vite, très vite. Verdict fin janvier, au terme d'un marathon océanique désormais disputé au rythme d'une Solitaire du Figaro.
Hervé GUILBAUD/AFP

On est à des années-lumière d'un bateau de croisière et l'intérieur des voiliers qui prendront le départ du 8e Vendée Globe, dimanche, des Sables-d'Olonne en Bretagne, évoque plus celui d'une capsule Apollo. En plus monacal et sans doute moins confortable...Edmond de Rothschild, le bateau de Sébastien Josse – l'un des favoris –, ne fait pas exception à la règle. Le monocoque Imoca, long de 18,28 m, est entièrement pensé pour la course, rien que la course. Une bannette (couchette) sur cadre de chaque côté et un petit réchaud. La pièce maîtresse, le saint des saints, est un grand tableau de bord orientable d'un bord sur l'autre, rassemblant toutes les fonctions vitales (navigation, communication, énergie, etc.).C'est dans cet univers d'une dizaine de m2 que Josse (41 ans) va vivre pendant environ deux mois et demi....
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