De Boer limogé, la piste Laurent Blanc est de plus en plus d’actualité à l’Inter, club dans lequel le Français a évolué pendant deux saisons. Giuseppe Cacace/AFP
L'Inter Milan a annoncé hier que Frank De Boer avait été relevé de ses fonctions d'entraîneur, actant ainsi un nouveau fiasco pour le club lombard, qui les multiplie depuis 2010 et sa victoire en Ligue des champions.
Arrivés au mois de juin, les nouveaux propriétaires chinois de l'Inter ont donc déjà vu passer deux entraîneurs. Mi-août, De Boer était en effet arrivé en catastrophe pour remplacer Roberto Mancini, en conflit avec la direction. Et en élargissant la perspective, on constate que l'Inter a usé huit entraîneurs (Benitez, Leonardo, Gasperini, Ranieri, Stramaccioni, Mazzarri, Mancini et De Boer) depuis 2010 et l'historique triplé championnat-Coupe-C1 réussi par l'équipe de José Mourino. Frank De Boer a, lui, payé des résultats catastrophiques, avec une 11e place en série A et une navrante lanterne rouge dans un groupe facile d'Europa League, mais aussi l'impatience d'une direction aux idées manifestement confuses.
Hier, l'Inter a précisé que la gestion de l'équipe première était provisoirement confiée à Stefano Vecchi, l'entraîneur de la Primavera, l'équipe de jeunes. Il devrait être sur le banc demain soir à Southampton en Europa League, voire ce week-end contre Crotone. Ensuite, ce n'est a priori pas Laurent Blanc ou Leonardo qui arrivera mais, selon l'ensemble des médias sportifs italiens, Stefano Pioli, technicien italien de 51 ans qui a dirigé la Lazio Rome de 2014 jusqu'à son renvoi en cours de saison dernière. Il aura la très lourde tâche de remettre un peu d'ordre dans un club à la gestion extrêmement chaotique depuis plusieurs années et à la limite du « ni queue ni tête » ces derniers mois.
« Dommage que cela se termine ainsi. Pour faire avancer un tel projet, il fallait plus de temps », a ainsi écrit De Boer en guise de message d'adieu sur son compte Instagram.
Le rêve Diego Simeone
Le Néerlandais pensait en effet imposer le football offensif importé de « son » Ajax Amsterdam, qu'il avait remis sur le chemin du succès après quelques années sombres. Mais l'Inter est aujourd'hui une grosse machine à l'arrêt, perdue entre ses propriétaires chinois, son président indonésien, ses influents dirigeants historiques italiens, et pénalisée par le fair-play financier de l'UEFA.
Le résultat est un étonnant grand écart entre une direction très dépensière et un staff technique qui doit, lui, gérer les sanctions liées au FPF. Le club a ainsi déboursé beaucoup d'argent pour certains joueurs encore peu confirmés – 45 millions pour Joao Mario, près de 30 millions pour le jeune Brésilien Gabigol –, mais n'a pas le droit de les utiliser en Europa League, pas plus que le Français Kondogbia, acheté 35 millions la saison dernière.
Guère suivi par ses joueurs, De Boer a tout de même bien sûr sa part de responsabilité dans les résultats actuels de l'Inter, qui reste sur quatre défaites lors des cinq derniers matches et n'a connu qu'une seule vraie satisfaction cette saison avec un succès face à la Juventus. Il a enregistré quelques ratés spectaculaires avec des défaites à domicile face à Cagliari ou l'Hapoël Beer Sheva et s'est montré étonnamment intransigeant avec Kondogbia et Brozovic, « punis » pour leur niveau de jeu ou leur attitude. Son choix de s'exprimer uniquement dans un italien mal maîtrisé s'est aussi retourné contre lui, chacune de ses prises de parole étant une véritable souffrance.
Le départ de De Boer laisse en tout cas un immense chantier autour du club nerazzurro. Pioli pourrait donc s'y atteler, mais l'idée des dirigeants milanais serait en fait de proposer à Diego Simeone, ancien joueur du club, de les rejoindre la saison prochaine. En l'état actuel des choses, ils vont devoir se montrer très convaincants.
(Source : AFP)


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