Le président Michel Aoun a reçu de nombreux appels téléphoniques ainsi que des lettres de félicitations de personnalités internationales qui l'ont félicité pour son élection à la tête de l'État.
Il a reçu des appels téléphoniques du président français, François Hollande, de ses homologues syriens, Bachar el-Assad, iranien, Hassan Rohani, égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, et de l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad el-Thani, ainsi que du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov. M. Hollande a également pris contact avec le président de la Chambre, Nabih Berry, pour lui présenter ses vœux.
Le président Hollande a réaffirmé la volonté de son pays d'aider le Liban, au moment où son homologue iranien qualifiait l'élection du général Aoun de victoire pour la « résistance » et la « tolérance ethnique » au Liban. Durant son entretien avec le nouveau président, Hassan Rohani, cité par l'agence Irna, a aussi exprimé le souhait d'une consolidation des relations libano-iraniennes sous le nouveau régime. Il s'est dit persuadé que l'élection du général Aoun, qui « intervient à un moment où la région fait face aux dangers des courants takfiristes, des groupes terroristes et des ambitions sionistes, contribuera à consolider l'axe de la résistance ». « L'élection de Michel Aoun à la présidence témoigne d'un nouveau soutien en faveur de la résistance islamique », a déclaré à son tour Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême Ali Khamenei pour la politique étrangère, cité par l'agence de presse Tasnim et repris par Reuters. « Il s'agit d'une victoire pour sayyed Hassan Nasrallah », chef du Hezbollah, a-t-il ajouté.
Prudence américaine
Dans un communiqué très prudent, le département d'État américain s'est borné à « féliciter le peuple du Liban pour l'élection du président Michel Aoun ». La diplomatie américaine a souligné que c'était « l'occasion de rétablir les fonctions gouvernementales et de construire un avenir plus stable et plus prospère pour tous les citoyens libanais ». Il convient de rappeler dans ce contexte qu'il y a dix jours, le secrétaire d'État, John Kerry, s'était montré sceptique par rapport au laborieux compromis entre les principales factions politiques libanaises au sujet de la présidentielle.
Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a salué l'élection de Michel Aoun et a appelé lui aussi les Libanais à former « sans attendre » un gouvernement « capable de relever les graves défis » qu'affronte le pays. Dans un communiqué lu par son porte-parole, Stéphane Dujarric, M. Ban a félicité le nouveau président et « lui a souhaité du succès » dans ses fonctions de chef de l'État. Il a dit « espérer que les parties libanaises vont continuer désormais à œuvrer dans un esprit d'unité et dans l'intérêt national ».
Les Libanais « méritent d'avoir des institutions étatiques efficaces », a-t-il souligné, en précisant que l'Onu « continuera d'aider le Liban à préserver sa sécurité et sa stabilité, et à améliorer ses perspectives socio-économiques », selon le communiqué.
Stéphane Dujarric a par ailleurs rendu hommage à « la générosité incroyable » du Liban qui accueille des centaines de milliers de réfugiés syriens. « L'important est que tous ceux qui ont une influence l'utilisent pour mettre fin au conflit » syrien, a-t-il ajouté.
La déclaration de Baabda
Abondant dans le même sens, le groupe international d'appui au Liban (France, États-Unis, Russie, Italie, Allemagne, Royaume-Uni, Chine, Union européenne et l'Onu) a exprimé l'espoir que l'élection du général Aoun « pavera la voie à un plus large progrès politique ». Dans son communiqué, le groupe a insisté sur « la nécessité, pour le Liban, de maintenir son engagement en faveur de la stabilité intérieure et régionale, en se conformant à la déclaration de Baabda ainsi qu'aux résolutions onusiennes correspondantes, notamment la 1701, et à ses engagements internationaux ». Il a encouragé la formation, sans tarder, d'un nouveau gouvernement, ainsi que la tenue des législatives en mai prochain. « La réactivation des institutions et la mise en place d'un gouvernement unifié et productif faciliteront l'accroissement des aides au Liban », selon le groupe qui s'est dit « prêt à œuvrer avec la nouvelle équipe ministérielle dès sa constitution ».
La représentante de l'Union européenne, Federica Mogherini, a considéré l'élection de Michel Aoun comme étant « cruciale » pour l'avenir du Liban, en rappelant les nombreux défis auxquels le pays est confronté. Dans un communiqué distribué par la Délégation européenne à Beyrouth, elle a estimé que cette élection « va permettre à toutes les parties politiques de s'engager dans un dialogue constructif et de partager leurs responsabilités afin de régler la crise institutionnelle ainsi que les problèmes auxquels les Libanais sont confrontés ».
Elle a souligné, elle aussi, que « l'unité nationale fondée sur la Constitution et l'accord de Taëf, ainsi que la conformité à la déclaration de Baabda et aux résolutions de l'Onu, notamment 1701, sont fondamentales pour l'avenir du Liban ». « Le nouveau gouvernement doit garantir la stabilité du pays dans cette nouvelle phase politique, tout en adoptant les mesures socio-économiques nécessaires qui intéressent la population », a souligné Mme Mogherini, avant de mettre l'accent sur la nécessité de « poursuivre le débat de manière constructive, autour de la loi électorale, afin de pouvoir organiser les élections en 2017 ».
Le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, s'est félicité, dans un communiqué publié par l'ambassade d'Italie à Beyrouth, de ce que l'élection de Michel Aoun « a mis fin à la longue crise politico-institutionnelle au Liban ». « Il s'agit d'un développement qui met en relief l'importance de la coopération établie entre les forces politiques libanaises, afin de consolider la stabilité au Liban ». Il a réaffirmé l'engagement de Rome en faveur de la stabilité du Liban et de la région.
Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, a estimé pour sa part que l'élection du général Aoun « laisse espérer que la démocratie libanaise est suffisamment forte pour permettre au pays de faire face aux nombreux défis qu'il affronte ». Le secrétaire britannique au Foreign Office, Boris Johnson, a fait état, à l'instar des pays de l'UE, de la volonté de la Grande-Bretagne d'œuvrer avec le général Aoun, en précisant que Londres poursuivra sa « solide coopération avec le pays sur base de son engagement en faveur de la déclaration de Baabda, d'institutions constitutionnelles renforcées et des résolutions internationales, dont celles du Conseil de sécurité et de la conférence de Londres (2016).
L'ambassadeur de Russie, Alexander Zasypkine, a vu dans l'élection du fondateur du CPL à la tête de l'État, « la décision la plus appropriée et la plus réussie, compte tenu des circonstances que traverse le Liban. Son homologue égyptien, Nazih Najjari, a considéré qu'« en se dotant d'un président, le pays pourra se protéger des dangers et des conséquences d'une paralysie des institutions ».

