Les forces irakiennes avançant, hier, à Qayara, au sud de Mossoul. Photo Reuters
Les dizaines de milliers de combattants irakiens mobilisés pour reprendre Mossoul au groupe État islamique gagnaient du terrain hier au deuxième jour de cette offensive, alors que le président américain soulignait que la bataille serait « difficile ». Des commandants irakiens ont ainsi affirmé que les combattants de l'EI ripostaient avec des attentats-suicide mais que les forces gouvernementales progressaient sur les deux fronts de l'offensive, soulignant que les premiers objectifs avaient été atteints. Avant d'atteindre les abords directs de Mossoul où seraient retranchés entre 3 000 et 4 500 jihadistes, les forces irakiennes, aidées de l'aviation turque, comme l'a annoncé hier le Premier ministre Binali Yildirim, doivent traverser des territoires contrôlés par l'EI autour de la cité. Elles avancent sur deux axes : depuis Qayyarah, une ville située à environ 70 km au sud de Mossoul, et depuis Khazir à l'est. « De nombreux villages ont été libérés », a affirmé Sabah el-Numan, le porte-parole des services de contre-terrorisme irakien, une des unités d'élite mobilisées.
Désastre humanitaire
Alors que quelque 1,5 million de personnes vivent encore dans la ville, la bataille de Mossoul fait craindre un exode massif de la population. Plusieurs organisations humanitaires ont réclamé l'instauration de couloirs sécurisés pour que les civils puissent fuir les combats. Mais le Pentagone a rappelé que l'EI empêchait les habitants de Mossoul de quitter leur ville. Ils « sont retenus contre leur gré » par les jihadistes qui les utilisent comme des « boucliers humains », a déclaré un porte-parole du Pentagone, le capitaine de vaisseau Jeff Davis. « De sérieuses inquiétudes demeurent sur la protection des civils quand les hostilités vont s'intensifier, plus près des zones densément peuplées », a déclaré pour sa part le porte-parole de l'Onu, Stéphane Dujarric. Environ 200 000 personnes pourraient être déplacées « dans les deux premières semaines », un chiffre susceptible d'augmenter de façon significative au fur et à mesure de l'avancée de l'offensive, selon l'Onu. Pour l'instant, les camps existants ne peuvent accueillir que quelques dizaines de milliers de déplacés.
Dans ce contexte, dans une vidéo diffusée par son agence de propagande, l'EI a promis la « défaite » aux Américains en Irak. « Quant à toi l'Amérique (...) nous jurons par Dieu que nous te vaincrons en Irak et te ferons sortir défaite et humiliée de ce pays », a dit sur la vidéo un homme armé patrouillant avec d'autres combattants dans les rues d'une ville présentée comme Mossoul.
De son côté, le président américain Barack Obama a prédit « une bataille difficile ». « Il y aura des avancées et des revers », a-t-il indiqué, se disant cependant « convaincu » que l'EI serait battu dans cette grande ville du nord du pays. Les États-Unis dirigent la coalition internationale qui épaule les forces irakiennes dans leur offensive lancée dans la nuit de dimanche à lundi pour reprendre Mossoul, aux mains de l'EI depuis juin 2014, et « défendre la démocratie », selon le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim el-Jaafari hier. D'autres responsables étrangers ont dit s'attendre à une longue bataille. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a ainsi averti qu'elle risquait de durer « plusieurs semaines », voire « des mois ». Son homologue britannique Michael Fallon a dit s'attendre à ce que l'EI se batte « avec acharnement » mais, a-t-il assuré, l'EI était « en train de perdre » en Irak. M. Le Drian réunira 12 homologues de la coalition le 25 octobre à Paris pour « faire un point sur le déroulé des opérations ». En attendant, la France et l'Irak organiseront demain à Paris une réunion ministérielle avec une vingtaine de pays pour « préparer l'avenir politique de Mossoul ».
(Source : AFP)

