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Liban - Présidentielle

Raï : Le refus des députés de se rendre à la Chambre est une violation du devoir d’État

La tournée frontalière du patriarche, samedi, révèle les multiples défaillances à lancer des projets susceptibles de fixer les maronites sur place.

La messe dominicale hier à Bkerké. Photo Émile Eid

Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, s'est une fois de plus élevé, hier, dans son homélie dominicale, contre le manquement au « devoir d'État » dont se rendent coupables les députés qui s'abstiennent de se rendre au Parlement pour y élire un président de la République, alors que les articles 73 et 74 de la Constitution les y enjoignent « nécessairement et sans délai ».
Le « droit constitutionnel » invoqué pour s'abstenir de se rendre à la séance parlementaire consacrée au vote, « n'a aucune consistance, a relevé le patriarche, particulièrement au regard des conséquences destructrices que cette conduite a sur les institutions », sous forme de « paralysie », de « désordre » et de « corruption ».
Invoquant les dispositions de la Constitution et l'esprit du pacte national (9 novembre 1943), le patriarche a exigé l'élection d'un nouveau président qui soit « à la hauteur de la responsabilité historique qui l'attend », un « président d'ouverture dont l'appartenance soit sans équivoque (...), qui rétablisse le Liban au sein des communautés arabe et internationale ».
« Le Liban pluraliste, a fait observer le patriarche Raï, ne peut supporter d'être engagé en faveur d'un axe, ni de s'engager dans un camp régional ou international. »
« Le peuple est las d'une pratique politique qui se perpétue depuis deux ans et demi et dont les partisans sont à la recherche perpétuelle d'ententes qui s'avèrent, en définitive, n'être que des façons de se partager des butins, au détriment du bien public. Et voici ce peuple suspendu à des déclarations d'intentions, et voici l'échéance présidentielle otage d'interprétations contradictoires de certaines déclarations et de certains textes (...). Ne peut-on, après cette longue attente, prendre une initiative propre libano-libanaise et élire un président ? » a lancé le patriarche.
Et le chef de l'Église maronite de souhaiter que la séance de vote du 31 octobre soit la bonne et que s'il doit y avoir des ententes, que celles-ci se fassent, par exemple, sur le moyen de freiner la croissance de la dette publique qui a atteint 70 milliards de livres, ainsi que l'intérêt des emprunts effectués auprès du secteur bancaire, qui s'élèvent à 100 milliards de dollars. Le patriarche a souhaité que l'on suive, dans ce domaine, les orientations fixées par la commission économique du patriarcat et par les dirigeants économiques qui s'y retrouvent régulièrement.
Le patriarche a également cité, au nombre des secteurs à développer, celui de la Sécurité sociale, ainsi que celui de l'emploi, afin de freiner l'exode des jeunes diplômés.
Au passage, Mgr Raï a dénoncé le drame de Achkout et a réclamé que « la peine maximale » soit infligée à l'auteur du quadruple crime.

La grande misère des villages frontaliers
Samedi, le patriarche Raï avait pu constater personnellement la grande misère des villages maronites du diocèse de Tyr et touché du doigt la défaillance conjuguée de l'État et de l'Église maronite à y lancer des projets de développement susceptibles de créer des emplois et de fixer les jeunes sur place, afin d'empêcher les ventes de biens-fonds.
Entamée par Aïn Ebel, la tournée a compris aussi les villages de Rmeich, Debel, Kozah et Alma el-Chaab. Le patriarche était accompagné, tout au long de son périple, par le chef des SR de l'armée au Liban-Sud, Georges Saba, et par le colonel Abdo Bou Khalil, commandant des FSI de la place de Tyr.
Par la voix de leurs représentants municipaux et des prêtres, les villageois devaient aussi, à diverses reprises, soulever le cas des Libanais ayant fui le pays après le retrait de l'armée israélienne, en 2000, en particulier des jeunes filles ayant épousé des Arabes chrétiens détenteurs de la nationalité israélienne, qui souhaitent pouvoir rendre visite à leurs familles au Liban.
À Aïn Ebel, le patriarche a posé la première pierre d'un sanctuaire en forme de tour que les villageois ont décidé de dédier à la Vierge Marie, en bordure du village, en présence d'un grand nombre de fidèles, du député Ali Bazzi, représentant le président de la Chambre, de Salim Sayegh, vice-président des Kataëb et de nombreux officiers des contingents français, finlandais et irlandais de la Finul.
Il y a également visité le centre médico-social al-Inaya des grecs-catholiques, un embryon d'hôpital qui manque de tout, en présence de l'évêque grec-catholique de Tyr Mikhaël Abrass.
Le président de la municipalité de Kozah, Ghattas Felfeli, a énuméré les plaies qui affectent le village (exode des habitants, absence d'emploi, absence de prestations sociales et sanitaires, absence de prêts et dons au secteur agricole) . Mais il a surtout insisté sur les infractions commises dans les relevés cadastraux, notamment l'enregistrement comme biens-fonds indivis de certaines propriétés privées.

Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, s'est une fois de plus élevé, hier, dans son homélie dominicale, contre le manquement au « devoir d'État » dont se rendent coupables les députés qui s'abstiennent de se rendre au Parlement pour y élire un président de la République, alors que les articles 73 et 74 de la Constitution les y enjoignent « nécessairement et sans délai ».Le « droit constitutionnel » invoqué pour s'abstenir de se rendre à la séance parlementaire consacrée au vote, « n'a aucune consistance, a relevé le patriarche, particulièrement au regard des conséquences destructrices que cette conduite a sur les institutions », sous forme de « paralysie », de « désordre » et de « corruption ».Invoquant les dispositions de la Constitution et l'esprit du pacte national (9 novembre...
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