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Moyen Orient et Monde - Conflit

Alep bombardée avant de nouveaux pourparlers internationaux

Des frappes aériennes très intenses ont visé hier plusieurs quartiers rebelles de la ville.

Le quartier d’al-Qaterji, à Alep-Est, complètement détruit par les bombardements du régime et des Russes. Abdalrhman Ismail/Reuters

Une réunion internationale doit se tenir aujourd'hui pour tenter de mettre fin au bain de sang en Syrie. La rencontre se déroulera à Lausanne entre les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry, et devrait inclure la Turquie, l'Arabie saoudite et peut-être le Qatar, parrains régionaux de l'opposition armée au régime du président syrien Bachar el-Assad.
Sergueï Lavrov s'est toutefois montré d'emblée très sceptique sur un possible progrès à Lausanne. « Je n'attends rien de spécial », a-t-il lancé à des journalistes lors d'une visite à Erevan, disant vouloir « travailler concrètement et observer à quel point (ses) partenaires sont prêts à suivre la résolution du Conseil de sécurité ». M. Lavrov faisait selon toute vraisemblance référence à la résolution 2254 du 18 décembre 2015 dans laquelle le Conseil de sécurité avalise les Déclarations de Vienne.
Le président François Hollande a pour sa part rappelé hier « les exigences » de Paris pour sortir de la crise syrienne. Ces exigences sont « cessez-le-feu, acheminement immédiat de l'aide humanitaire et négociation politique en vue d'une transition en Syrie », a détaillé la présidence française dans un communiqué, à l'issue d'une rencontre entre M. Hollande et des associations engagées pour la paix en Syrie. « C'est le seul chemin pour stabiliser ce pays martyr et éradiquer durablement la menace terroriste », a ajouté M. Hollande, cité dans le communiqué. « Nous appelons encore une fois avec force à la négociation politique pour la paix et ça passe par un préalable, le préalable, c'est l'arrêt des bombardements », a pour sa part déclaré à la presse le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, à la sortie de cette rencontre.
Mais les évolutions sur le terrain ne vont pas dans le sens d'un apaisement. Pour la troisième semaine consécutive, des bombardements secouaient la partie rebelle de la deuxième ville du pays, cible depuis le 22 septembre d'une offensive d'envergure de l'armée syrienne pour la reconquérir. Des frappes aériennes très intenses ont à nouveau visé hier plusieurs quartiers d'Alep-Est (le secteur aux mains des rebelles), a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui n'était pas en mesure de donner le nombre de morts dans l'immédiat.

« À n'importe quel prix »
« La violence des raids démontre qu'il y a une décision russe pour prendre Alep-Est à n'importe quel prix », a souligné M. Abdel Rahmane, selon lequel la stratégie russe « est d'ouvrir une route vers l'aéroport situé dans l'est de la ville ». À la faveur des raids, les forces du régime ont avancé du nord vers le sud d'Alep, a indiqué l'OSDH. Débordés, les Casques blancs, les secouristes en zone rebelle, sont à l'œuvre sans relâche jour et nuit. « Il y une grande escalade », a affirmé l'un d'eux, Ibrahim Abou Laith. « Cela fait quatre jours que je ne dors pas en raison des bombardements », confie-t-il.
Selon le correspondant de l'AFP à Alep, les Casques blancs ne peuvent utiliser leurs torches à la nuit tombée car la lumière attire les frappes des avions militaires. Les habitants n'osent pas allumer la lumière chez eux pour ne pas être visés. Dans le quartier est de Boustane al-Qasr, les secouristes tentent tant bien que mal de dégager des corps qui se trouvent depuis des jours sous les gravats, a-t-il ajouté. Dans la partie rebelle assiégée où vivent 250 000 habitants, plus de 370 personnes, essentiellement des civils dont 68 enfants, ont été tuées depuis le 22 septembre dans les bombardements aériens et d'artillerie, selon l'OSDH.

Alep comme « tremplin »
La Russie s'est dit prête jeudi à assurer aux rebelles un retrait en toute sécurité d'Alep, tout en renforçant sa présence militaire en Syrie.
Le président Vladimir Poutine a d'ailleurs ratifié un accord entre Damas et Moscou sur le déploiement « pour une durée indéterminée » des forces aériennes russes sur l'aérodrome militaire de Hmeimim, dans l'ouest de la Syrie, a annoncé hier le Kremlin.
Enfin, dans une interview au quotidien russe Komsomolskaya Pravda publiée hier, Bachar el-Assad a déclaré qu'il utiliserait une victoire à Alep comme un « tremplin » pour capturer d'autres bastions rebelles. Le président syrien a précisé que sa prochaine cible pourrait être la province d'Idleb, contrôlée par une alliance de rebelles et de jihadistes. « Il faut continuer de nettoyer cette zone et de renvoyer les terroristes en Turquie, d'où ils sont venus, ou de les tuer. Il n'y a pas d'autre option », a déclaré M. Assad.
(Source : AFP)

Une réunion internationale doit se tenir aujourd'hui pour tenter de mettre fin au bain de sang en Syrie. La rencontre se déroulera à Lausanne entre les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry, et devrait inclure la Turquie, l'Arabie saoudite et peut-être le Qatar, parrains régionaux de l'opposition armée au régime du président syrien Bachar el-Assad.Sergueï Lavrov s'est toutefois montré d'emblée très sceptique sur un possible progrès à Lausanne. « Je n'attends rien de spécial », a-t-il lancé à des journalistes lors d'une visite à Erevan, disant vouloir « travailler concrètement et observer à quel point (ses) partenaires sont prêts à suivre la résolution du Conseil de sécurité ». M. Lavrov faisait selon toute vraisemblance référence à la résolution 2254 du 18...
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